14ème vendredi : Algérie, des marches sans destination

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ALGERIE (TAMURT) – Les Algériens continuent de marcher, par centaines de milliers, chaque vendredi, dans différentes villes du pays dont la capitale Alger ainsi que dans les chefs-lieux de wilayas de la Kabylie comme Bgayet, Bouira et Tizi Ouzou. Mais personne ne sait où vont mener ces manifestations dont les mots d’ordre sont trop vagues et souvent contradictoires.

Pour le quatorzième vendredi consécutif, depuis le 22 février 2019, les Algériens sont sortis hier dans la rue pour manifester sans savoir vraiment où se dirige ce mouvement hétéroclite. Les manifestations se suivent et les slogans changent au gré de ceux qui les conçoivent dans l’ombre. Mais à ce jour aucun figure pouvant faire l’unanimité de tous les manifestants n’a pu émerger de ce mouvement pour pouvoir constituer un interlocuteur valable avec l’armée qui détient tous les pouvoirs actuellement. De même qu’une confusion totale caractérise les marches en question. On ne sait pas vraiment pas ce qui est recherché. Au début, le peuple a voulu empêcher un candidat invisible et inaudible (Abdelaziz Bouteflika) de postuler ridiculement pour un cinquième mandat à la présidence du pays. Après le départ de Bouteflika, les marches n’ont pas cessé.

Les Algériens ont continué à sortir dans la Rue tous les vendredis et même pendant les autres jours de la semaine à l’instar des étudiants qui marchent tous les mardis. Des mots d’ordre, parfois surréalistes, comme le départ du système sont scandés. Mais c’est quoi au juste le système ?
Aucune définition n’a été donnée, jusque-là par personne, à ce terme tellement générique qui veut dire tout et rien au même temps. Une tournure des plus imprévues a été prise par les événements depuis le départ de Bouteflika. L’arrestation, pas du tout attendue, de Said Bouteflika, des généraux Tartag et Tewfik et de la femme politique Louisa Hanoune a encore empiré le climat de confusion et de suspicion qui règne en Algérie depuis quelques mois.

L’Algérie se dirige véritablement vers l’inconnu. Même le général Ahmed Gaid-Salah, chef d’état major de l’armée algérienne, a reconnu en des termes clairs que la situation est très grave en l’absence de perspectives efficaces pouvant constituer une alternative à la vacance du pouvoir laissée par le départ de Bouteflika. Et, quand on voit l’intégriste, Ahmed Taleb Ibrahimi, un vieux fils du système du FLN ayant ruiné le pays, proposer ses services pour conduire la future période de transition, il y a de quoi regretter le premier pas franchi dans ces marches qualifiées par certains de révolution. Pour rappel, surtout aux jeunes générations, Ahmed Taleb Ibrahimi, était ministre de l’Education en Algérie pendant les années soixante-dix et c’est lui qui est derrière l’islamisation et l’arabisation de l’école algérienne à travers l’instauration de l’école fondamentale. Sans commentaire.

Tarik Haddouche

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