Ahcene Mariche: « J’ai toujours donné le meilleur de moi-même et je continuerai à le faire avec passion et  » s nnif » aussi »

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Tamurt info : Pourriez-vous nous présenter les deux derniers recueils que vous avez édités récemment ?

Ahcene MARICHE : En effet en juillet 2012 j’ai édité deux recueils de poésie, l’un en kabyle et l’autre en français.

« Tazlagt n tikta » (collier d’idées est mon 9eme recueil de poésie en tamazight composé de 31 poèmes chacun son message, son poids et ses mots aiguisés et enfilés tel un chapelet ou un collier ».

De nouveaux thèmes y sont traités : la toile d’araignée, le bâton, les pourris, le balais en costume, l’âne a qui ont poussé des cornes, le chant des crapauds …comme j’ai rendu un vibrant hommage au barde Si mohand ou m’hand dans un poème de126 vers.

Le poème « maca d acu i d tudert ? Est la traduction du poème de Jules Antoine « mais qu’est ce que c est la vie ? »
Comme dans certains poèmes les questions sont restées suspendus, les points d’interrogations en pendule : quand cessera le bricolage, les choses mal faîtes et autres…

L’amour a eu aussi sa place avec le poème HEMMLEGH-KEM (je t’aime) et 25 budjemeber (25 décembre)
« A tawaghit » est un véritable cri pour cette société qui doit se ressaisir et voir plus clair et briser ses tabous et comportements moyenâgeux.

Ce recueil est préfacé par Alik Koussaila professeur au département Amazigh de Tizi-Ouzou.

« La toupie et l’échelle »est la version française de « Tibernint d ssellum » édité en 2009 » cette adaptation a été faite en français par le, poète et traducteur Amziane Lounes. Ce recueil est composé de 44 poèmes touchant divers sujets.

On commence l’odyssée poétique promise par le poème » cœur de glace »qui est une histoire vraie où l’amour a fini par avoir raison sur l’iceberg du cœur. Le dernier poème est une belle déclaration d’amour pour cette fille au cœur glacé.

L’environnement y a trouvé place aussi et là, j’ai tiré la sonnette d’alarme sur ce qui se produit contre notre environnement vert et beau.
Le virage de ma vie, l’amour est comme une montagne, le feu et l’amour, la disette en marche, je vis là où, en est la pléiade de regards, de pensées, d’idées que j’ai développée dans ce recueil préfacé par le poète français Roland LECOINY. Ce recueil est le dixième de la longue liste de recueils d’Ahcene Mariche en plus des quatre anthologies de poésie internationales où il a publié ses poèmes.

Vous avez participé au film Ouardia N 13 de Younes Boudaoud. Après la poésie, Ahcene Mariche s’intéresse-t-il au cinéma ?

j’ai toujours aimé le cinéma, et ce, depuis ma tendre enfance mais je n’ai jamais pensé jouer un rôle dans un film ou être acteur. Même si je suis cameraman depuis plus de 15 ans et j’ai réalisé un film documentaire, je n’ai jamais pensé me placer devant la caméra.

Younes Boudaoud qui est un très bon ami a réussi à changer ma position vis-à-vis de la camera surtout qu’il m’avait intrigué dans le temps par sa chanson werdiya n 13, puis un jour il m’avait raconté toute l’histoire de werdiya n 13 et ça m’a vraiment touché au point d’avoir la chair de « dinde ». Le jour où il m’a proposé de jouer un rôle dans son film werdiya n 13 je n’ai pas hésité un instant vu que je connaissais déjà l’histoire.

Grace à Younes et toute l’équipe du tournage j’ai découvert un autre don en moi, j’ai vécu une véritable odyssée et je suis prêt à récidiver.

Après l’édition de votre recueil en 2005, aujourd’hui votre poésie est traduite en 13 langues ce que fait de vous un ambassadeur de la Kabylie. Quel est votre commentaire ?

Ahcene MARICHE : C’est après 21 années d’écriture de poésie, que j’ai décidé d’éditer mon premier recueil. Juste avant d’éditer ce premier recueil, ma publication aux USA dans l’anthologie « north africain voices » m’a beaucoup encouragé à me lancer dans cet océan que j’adore même si je ne connais pas ses rives.

J’ai cru en ma passion et j’ai mis tous mes moyens pour la diffuser. j’ai édité en trois langues (kabyle, français et anglais) ici en Algérie dix recueils de poésie avec un cd audio accompagné de musique. Mon poème « saint valentin »a été la locomotive de ma poésie, il est traduit en 13 langues et d’autres sont en chantier. Récemment un professeur à l’université en Italie m’a demandé l’autorisation de traduire tous mes livres en italiens et les éditer là-bas.

Je suis consul des pays de Tamazgha auprès de « poetas del mundo » qui compte des dizaines de milliers de poètes du monde.

Comme j’ai publié dans 03 autres anthologies en France «parole d’argent », « plume de pourpre » et « paroles de poètes ». J’ai représenté l’Afrique du nord à Sidney en Australie comme j’ai représenté la Kabylie en Belgique, à New York grâce à mon œuvre. J’ai publié aussi mes poèmes dans plusieurs revues et magazines de littératures spécialisés un peu partout dans le monde.

Notre Kabylie et sa culture méritent bien plus que ça. Tout un chacun de nous peut apporter son plus car elle recèle des trésors inestimables.

Ya des kabyles partout dans le monde, que chacun soit alors l’ambassadeur de la Kabylie dans son domaine de prédilection.

J’ai toujours donné le meilleur de moi-même et je continuerai a le faire avec passion et  » s nnif » aussi.

Quels sont vos projets ?

Mes projets sont multiples: éditer deux recueils de poésie qui sont des traductions en français (collier d’idées) et traduits par le poète et traducteur Idir Bellali ainsi que « khalilati » la version arabe de mon deuxième recueil  » Taazzult-iw » traduit par Abdelkader Abdi.
Je vais enregistrer deux CD audio de ma poésie accompagnée de musique pour mes recueils « Tiderray » et « Tibernint d ssellum » comme je vais rééditer 06 de mes recueils qui sont en rupture de stock depuis longtemps
Je compte aussi compléter mon film documentaire.

Un dernier mot pour nos lecteurs

Mon dernier mot est un azul d ahmayan à tous nos lecteurs qui nous encouragent à continuer à écrire.
Un grand bravo à tous les rédacteurs et journalistes de Tamurt.info, tanemirt i kecc a Madjid.

Grâce à l’effort de tout un chacun, Taqbaylit ad taf iman-is w ad tedjudjeg.

Propos recueillis par Madjid