Algérie : la présidentielle se tiendra sous état d’urgence

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Algérie en Etat d'urgence
Algérie en Etat d'urgence

ALGERIE (TAMURT) – Si le pouvoir algérien persiste, signe et décide de maintenir l’élection présidentielle programmée pour la journée du jeudi 12 décembre 2019, ce qui semble d’ailleurs être le cas, ce vote aura lieu sous état d’urgence et avec une restriction des libertés comme cela a été le cas lors de la présidentielle de 1995 qui a vu « l’élection » du général Liamine Zeroual comme président.

Mais cette fois-ci, le pouvoir n’a pas, en face de lui et contre lui des terroristes qui menacent toute personne qui oserait voter d’être assassinée, mais plutôt une grande partie de la population. Il s’agit de millions de citoyens qui marchent tous les vendredis dans une grande partie des villes chefs-lieux de wilaya et même dans les petites villes. Des foules impressionnantes et visiblement déterminées à ne pas en découdre. D’autre part, le pouvoir, par la voix de son porte-parole, le général Ahmed Gaid-Salah, ne cesse de réitérer, presque chaque jour, la détermination des décideurs à ne pas changer de position et à ne pas renoncer à l’organisation de la présidentielle telle que préconisé.

Le dernier discours de Gaid-Salah, prononcé hier, a été marqué même par un durcissement de ton car l’orateur et non moins décideur a carrément fait usage du langage de la menace contre toutes parties qui tenterait d’entraver la feuille de route tracée par l’armée algérienne. Gaid-Salah est allé jusqu’à menacer une certaine presse qui abonde à contre-sens de la volonté du pouvoir de tenir l’élection présidentielle dans les délais impartis. Le fait que le pouvoir insiste sur la tenue de cette élection démontre que l’ampleur de la crise en Algérie est gravissime. Car un tel contexte aurait suggéré de reporter ce vote. Un choix qui aurait pu être suivie par des mesures de détente comme la libération des détenus d’opinion, entre autres.

Le fait que cette voie est rejetée de manière ferme par le pouvoir actuel incarné par Gaid-Salah est une preuve qu’il y a péril en la demeure. La tenue d’une élection sous état d’urgence amputerait à coup sûr le prochain président de la République de toute crédibilité. Mais le pouvoir algérien nous a habitués à n’accorder aucune importance à cet aspect des choses. La crédibilité est le dernier de ses soucis. La preuve, en avril 1999, six sur les sept candidats à la présidentielle s’étaient retirés de l’élection la veille de sa tenue. Ceci n’a pas empêché Abdelaziz Bouteflika de régner sur l’Algérie pendant vingt longues années.

Tarik Haddouche

2 COMMENTAIRES

  1. Le régime en place depuis 1962, cherche à se maintenir coûte que coûte, en changeant simplement l’apparence mais pas le contenu, par un semblant de démocratie, tout en maintenant une vraie dictature militaro-arabo-islamo-fasciste.

  2. Il n y auras pas d’elections sauf dans les casernes, ce qui en feras une election nulle! la donnee est differente de toutes les experiences passees.

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