Algérie : le 1er novembre 1954, 64 ans après

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ALGERIE (Tamurt) – Que reste-il des idéaux du 1 er novembre 1954 soixante-quatre ans après le déclenchement de la guerre d’indépendance ? Aucun bilan n’est fait jusque-là, depuis le jour où la décision de livrer une lutte armée pour la conquête de l’indépendance a été prise. On refuse toujours de parler des sujets tabous. Pourtant, c’est par ce chemin et c’est en se remettant en cause que l’on pourrait déceler l’origine du mal profond qui frappe l’Algérie et de là, tenter de trouver des solutions.

Mais ce travail est une mission impossible tant l’indépendance de l’Algérie et le pouvoir ont été accaparés de force en 1962. Un Etat inspiré tout droit de l’Egypte et du Moyen Orient a été bâti offrant un mauvais et faux départ pour l’Algérie. Le pays, au lieu d’être tout simplement algérien, où il y aurait eu de la place pour tout le monde avec toutes les langues et toutes les confessions religieuses qui y sont pratiquées, est devenu un lit pour tous les extrémismes et les intégrismes. Le pays est passé de presque 100 % de citoyens socialistes voire communistes « par décret » du temps de Boumediène à un pays presqu’à 100 % d’islamistes. Et le travail d’islamisation aveugle et à outrance se poursuit.

Une islamisation entretenue en permanence par une école indigente qui ressemble à tous points de vue à une mosquée où l’on apprend aux enfants les versets coraniques qui sont au dessus de leur niveau de compréhension. Mais à quoi bon comprendre puisque l’objectif est de former des citoyens qui ne réfléchissent pas mais plutôt des sujets soumis qui obéissent aveuglément et qui sont dépourvus de tout sens et esprit critiques. Que reste-il de l’esprit de Novembre 54 puisque les grands hommes qui ont fait cette date n’ont eu droit, après l’indépendance (voire avant pour certains comme Abane Ramdane), ont soit été assassinés ou écartés brutalement de la gouvernance du pays. Même Krim Belkacem, qui a été la cheville ouvrière aussi bien sur le plan militaire que politique de la guerre d’indépendance, n’a pas échappé à cette véritable purge avant d’être assassiné quelques année plus tard en exil.

Quel goût aura, aujourd’hui, la commémoration du 64ème anniversaire du déclenchement de la guerre d’indépendance en voyant dans quel état le pays se trouve aujourd’hui ? Il va sans dire que les martyrs se retourneront dans leurs tombes. Aucun d’eux n’aurait imaginé un tel aboutissement et un tel désastre. Ils y croyaient vraiment et tellement. Mais Ben Bella et consort en ont décidé autrement.

Tarik Haddouche

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