Algérie : le soulèvement populaire du 22 février tourne en rond

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Djamila Bouhired et Arezki Ait Larbi à la marche du Hirak
Djamila Bouhired et Arezki Ait Larbi à la marche du Hirak

ALGERIE (TAMURT) – Hier encore, des centaines de milliers d’Algériens et d’Algériennes de tous les âges, y compris des enfants voire des bébés, sont descendus dans les rues des grandes villes dans le cadre des fameuses et traditionnelles marches du vendredi. Tout porte à croire qu’il s’agit du début de l’essoufflement d’un mouvement qui ne semble pas avoir tenu toutes ses promesses. Tout comme ceux qui l’ont précédé d’ailleurs.

Il y a d’abord cette baisse progressive mais visible du nombre de manifestants qui prennent part chaque semaine à ces marches. Mais ce qui augure d’une impasse presque inévitable pour le soulèvement populaire en Algérie, entamé le 22 février dernier, c’est le fait que les citoyennes et les citoyens qui manifestent un peu partout en Algérie ne sont pas du tout sur la même longueur d’onde. En effet, les slogans qui sont scandés dans ces marches, vont dans tous les sens et ne répondent à aucune cohésion. Il est tout à fait clair que la majorité des slogans en question reflètent la mainmise de différentes tendances qui imposent chacune ses propres visions et ses objectifs. On a, par exemple, remarqué qu’en Kabylie, les slogans hostiles au chef d’état major de l’armée algérienne, Ahmed Gaid-Salah, sont devenus de plus en plus fréquents.

Hier, les mots d’ordre anti-Gaid Salah étaient sans doute les plus scandés dans les villes de Kabylie où il est connu que le général Mohamed Mediene dit Tewfik a le plus de relais dans différents segments de la société. Ailleurs par conte, notamment dans les wilayas de l’intérieur du pays, Gaid Salah est plutôt perçu comme un « messie ». Dans ces région, les manifestants voient en la personne de Gaid Salah l’homme qui les débarrassera de tous les éléments nuisibles et indésirables de la bande mafieuses de l’ex-président de la République et de son frère. A Alger, en revanche, on assiste plutôt aux deux scénarios : certains marcheurs s’en prennent à Gaid Salah alors que d’autres l’encensement et « l’appellent au secours ». En outre, le fait qu’il y ait des différence et des divergences politiques insurmontables entre manifestants : islamistes, démocrates, nationalistes, progressistes, conservateurs,…n’est pas pour arranger les choses. D’ailleurs, cette disparité commence à paraitre au grand jour, ce qui barre la route à toute possibilité de consensus pouvant dégager des représentants du peuple pouvant faire l’unanimité.

Par ailleurs, deux grands courants se disputent actuellement la suite à donner aux événements actuels. Le premier plaide pour le maintien des élections du 4 juillet prochain coûte que coûte et rejette une quelconque période de transition par « respect » à la Constitution. L’autre tendance est plutôt favorable au report de la présidentielle et à l’entame d’une longue période de transition avec la désignation d’un comité qui présidera le pays en attendant l’organisation des élections présidentielles, pas avant six mois voire une année. Un peu comme le Haut Comité d’Etat (HCA) mis sur pied en 1991 après la démission forcée de Chadli Bendjedid. Mais où trouvera-t-on celui qui campera le rôle de Mohamed Boudiaf ?

Tarik Haddouche

1 COMMENTAIRE

  1. Un mouvement qui devait servir les dessins d’un clan contre un autre c’est pour cela que la tete pensante est ailleurs

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