Algérie : les directeurs de journaux seront-ils jugés ?

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ALGERIE (TAMURT) – Les directeurs généraux des journaux privés algériens seront-ils poursuivis en justice pour « blanchiment d’argent et dilapidation de deniers publics » ? Il s’agit d’une probabilité qui n’est pas à exclure quand on sait qu’une grande partie de ces journaux reçoivent, indûment bien sûr, entre deux et trois milliards de centimes par mois de la part de l’Anep (Agence Nationale d’Edition et de Publicité).

Alors que leurs journalistes sont en général réduits à ne percevoir que des salaires misérables qui ne dépassent parfois pas les 18 000 DA de Smig, les patrons de presse ne cessent de s’enrichir sur le dos du peuple et de l’argent du contribuable, sans aucun contrôle. Au moment où l’état-major de l’armée algérienne semble ou du moins fait croire qu’il est décidé à mettre la main sur tous les hommes d’affaires et autres personnes qui ont fait fortune en dilapidant l’argent du Trésor public, on se demande si les patrons de journaux, surtout ceux réputés êtres très proches de pouvoir, seront convoqués devant la justice pour expliquer d’où ils détiennent toutes ces fortunes. Selon nos sources, les journaux en question, qui font preuve d’une docilité qui n’a d’égale que l’opportunisme de leur patron, reçoivent en moyenne entre trois et cinq pages de publicité par jour, ce qui équivaut à 120 millions de centimes par jour. Malheureusement, cet argent ne profite guère aux journalistes qui vivent, dans leur grande majorité, dans des conditions sociales déplorable, mais à la poignée de patrons de journaux, issus en grande partie d’El Moudjahid, ancien journal du parti unique.

Ces patrons de presse se sont recyclés dans une presse dite indépendante mais qui ne l’est guère en réalité. Cette situation dure depuis des décennies et on a appris que les patrons de journaux algériens sont devenus de véritables hommes d’affaires qui n’ont rien à envier ni à Ali Haddad, ni à Kouinef, ni à Tahkout et consorts. Ils possèdent tous des biens et des activités commerciales en Europe et en Algérie. Ils semblerait aussi que les patrons de la presse privée, en Algérie, partagerait la cagnotte qui leur est servie quotidiennement par l’Anep avec des complices avec des personnalités qui occupent des postes très importants au sommet de l’état mais aussi avec de hauts officiers de l’armée dont des généraux et des colonels avec lesquels ils partagent la cagnotte distribuée par l’Anep dans l’opacité totale.

Une enquête sera-t-elle ordonnée pour débusquer ces commerçants de la liberté d’expression qui sucent le sang et la sueur des journalistes algériens, qui eux, sont livrés à eux-même, surtout ceux d’entre eux, qui demeurent honnêtes et indépendants malgré toutes les pressions exercées sur eux et leurs conditions sociales peu reluisantes ? Laisser la mafias des journaux privés sévir encore après le soulèvement du 22 février 2019 est la meilleure preuve que rien n’est vraiment prêt à changer en Algérie. Et que les promesses de Ahmed Gaid-Salah ne sont que de la poudre aux yeux.

Tarik Haddouche

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