Algérie : une présidentielle sans la Kabylie

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Election présitentielle, Algérie
Election présitentielle, Algérie

KABYLIE (TAMURT) – Alors qu’à chaque fois qu’il y a eu des élections présidentielles en Algérie, le pouvoir algérien s’est toujours arrangé pour qu’il y ait un candidat kabyle dans la course ou du moins en y impliquant tantôt le FFS tantôt le RCD, cette fois-ci un scénario inédit se profile à l’horizon avec une élection présidentielle sans la Kabylie. En plus du FFS et du RCD qui boycottent ce rendez-vous électoral, d’autres indices montrent que la Kabylie ne sera concernée ni de près ni de loin par cet « événement ».

Certes, il n’y a pas lieu de se leurrer car il y aura des centaines de milliers de citoyens qui se rendront aux urnes le jour J. dont principalement la clientèle locale du régime. Mais la nouveauté cette fois-ci, c’est l’inexistence totale d’un candidat qui pourrait convaincre sincèrement une partie de l’électorat. Habituellement, le pouvoir misait notamment sur Hocine Ait Ahmed (en 1999) et Said Sadi à plusieurs reprises pour que la présidentielle ait un semblant de crédibilité en Kabylie, une région extrêmement sensible et ayant des spécificités avérées contrairement au reste de l’Algérie. La présence de nombreuses personnalités kabyles du pouvoir (comme Ahmed Ouyahia, Madjid Sidi Said ou Abdelmalek Sellal) ou soutenant le même pouvoir (comme Amara Benyounès et l’homme d’Affaires Ali Haddad, président du Forum des Chefs d’Entreprises) dans la campagne électorale du clan présidentiel ne changera rien à l’affaire car en Kabylie, toutes ces personnalités ne jouissent d’aucune popularité ni d’aucune estime.

Elle sont plutôt honnies, on peut le dire sans risque de se tromper. Ces personnalités pourront en revanche, sans aucune difficulté, « mobiliser » la clientèle du régime qui, en contre partie, s’attend à des privilèges et à des dividendes au lendemain du scrutin. Mais de manière générale, la présidentielle en Kabylie sera une journée chômée et payée, sans plus. Pour conclure, on doit toutefois avouer, comme l’a signalé en guise d’avertissement, et de manière hautaine voire indécente, Abdelmadjid Sidi Said, il y a déjà quelques semaines, l’élection présidentielle du 18 avril 2019 n’est qu’une formalité. Car Abdelaziz Bouteflika est déjà « élu démocratiquement ». A l’avance.

Tarik Haddouche