Conférence de presse du président de l’APW de Tizi Ouzou : La Kabylie est plus que jamais isolée par l’administration centrale d’Alger

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KABYLIE (Tamurt) – Celles et ceux qui ne le croient pas, c’est qu’ils ne veulent pas le croire. À présent, ce sont les institutions de la république représentant les intérêts du peuple kabyle qui crient à l’iniquité dont est victime la Kabylie. Le président de l’assemblée populaire de wilaya de Tizi-Ouzou (APW), M. Mahfoud Bellabas, a osé prononcer le mot que tout le monde a sur la langue. « Notre région est victime d’une ségrégation pure et simple », a-t-il déclaré à notre intention. D’habitude, l’homme, de par ses fonctions et son statut, se montre très prudent dans son expression langagière. En d’autres termes, il fait remplacer par un euphémisme un mot pouvant choquer un esprit sensible.

Cependant, avec la réalité que vit Tizi-Ouzou, à l’instar d’autres région de Kabylie, même un moine peur perdre son latin. En effet, la lettre adressée au ministre algérien des affaires étrangères, M. Mourad Medelci, pour dénoncer l’un de ses subalternes, auteur d’un détournement d’un projet PNUD d’un montant de 500.000 dollars, est restée jusqu’à maintenant sans réponse. « Nous interprétons ce silence, soutient, notre interlocuteur, comme une réponse négative à notre doléance ». Il reste cependant à savoir si M. Medelci fait partie de ceux qui nourrissent des idées racistes et haineuses à l’endroit de la Kabylie pour avoir jeté à la poubelle une correspondance officielle ou tout simplement subit-il un chantage de la part de certains cercles de la haute sphère.

On sait que le ministre algérien des affaires étrangères et qui n’est autre que l’ancien ministre du Commerce est loin d’être le parangon de l’honnêteté et de la crédibilité. L’un de ses faux bonds est sa signature au registre de l’entreprise Khalifa. En tout cas le refus du département ministériel de M. Medelci de donner une suite favorable au gouvernement canadien de verser l’argent nécessaire au profit de Tizi-Ouzou dans le cadre du programme PNUD lui a conséquemment entraîné une perte de pas moins de huit (08) millions d’euros que la société PIZANO s’apprêtait à lui octroyer. Car il faut bien comprendre une chose : le montant de 500.000 dollars devait servir à l’étude du projet et celui de 8.000.000 d’euros au financement du projet même.

Le patron de la première institution élue de Tizi-Ouzou reconnait que les autres régions d’Algérie bénéficient d’une multitude de projets de développement et de diverses subventions. « En ce qui concerne la nôtre, avoue notre interlocuteur dont la colère froide se lit sur son visage, il n’y a ni projet ni subvention. Même ce que nous essayons d’arracher à l’extérieur par notre propre effort, les hauts responsables nous le confisquent. Pourquoi? La Kabylie qui, par le passé a tout donné pour l’Algérie, continue à le faire jusqu’à maintenant et continuera à le faire demain, mérite quelque égard ».

Malheureusement, ce n’est pas seulement ce projet de protection de l’environnement que l’administration centrale d’Alger a confisqué pour la Kabylie. En effet, le secteur de l’éducation figure aussi parmi les plans destructeurs de la région que tente de défendre le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK). À titre informatif, la wilaya de Tizi-Ouzou a été retenue et reconnue à deux reprises comme étant celle qui a enregistré le plus grand taux de réussites dans les études. Et nonobstant cela, la famille éducative kabyle est celle qui subit le plus d’injustices. En effet, il y a plusieurs enseignants qui ont joui d’échelons supplémentaires depuis plus d’une dizaine d’années, mais sans avoir pour autant bénéficié de l’accompagnement pécuniaire. Des dizaines d’autres sont dans l’enseignement et dont la compétence est indiscutable exercent toujours en qualité de vacataires. Non seulement leur demande de titularisation rencontre toujours un mur de silence, mais aussi leurs salaires ne leur parviennent pas d’une façon régulière. D’autres encore ont effectué plusieurs heures de travail supplémentaire depuis longue date. Mais jusqu’au jour d’aujourd’hui ils n’ont pas perçu leurs indemnités. La raison de tout cela c’est qu’ils ont « tort ». Et leur « tort » c’est d’être Kabyles.

En date du 21 mars dernier, l’APW de Tizi-Ouzou a saisi le ministre algérien de l’éducation nationale, M. Boubekeur Benbouzid, pour lui signaler les différents problèmes rencontrés par la famille et le secteur éducatif dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Comme son confrère des affaires étrangères, M. Boubekeur Benbouzid, a préféré garder le silence. M. Bellabas a laissé entendre que les choses n’en resteront pas là. « Nous n’avons pas l’intention de baisser les bras », nous a-t-il dit. Mais que peuvent faire les élus à eux tous seuls? Seule la dynamique du MAK peut faire aboutir la revendication légitime kabyle. D’ailleurs, ce n’est qu’une question de temps.

S.T

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