Conférence-débat de Karim TABOU à Tizi-Ouzou

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Le n° 2 du FFS a commencé son long discours sur l’origine du Mouvement algérien pour la démocratie traduit dans les faits par le Front de Libération national (FLN). Le conférencier a mis l’accent sur le côté historique après avoir mis en avant les grands principes du congrès de la Soummam.

Karim TABOU a joué sur la fibre sentimentale de l’assistance, composée essentiellement d’étudiants. Mettant en avant certains faits historiques tout en suivant l’ordre chronologique des événements importants ayant marqué la guerre de libération nationale. Le conférencier a ensuite abordé la situation complexe à l’origine de la rupture des principes de novembre 1954.

Karim TABOU a accusé le groupe d’Oudjda d’être le principal artisan et acteur de l’interruption du processus démocratique, comme voulu et édicté par le FLN libérateur du pays. De fil en aiguille, le 1er secrétaire du FFS est remonté jusqu’à l’origine du mouvement de 1980 qu’il a expliqué comme l’aboutissement naturel du combat pour la démocratie sans cesse mené dans la clandestinité.

Le conférencier cite Ali Mecili comme l’un des artisans de ce mouvement pour la liberté et la démocratie. Avec grande fidélité à certaines données historiques, le 1er responsable du FFS est allé jusqu’à citer les noms de ceux qui avaient le privilège de recevoir une éducation politique de Maître Ali Mecili: Saïd Sadi, Saïd Khellil, Hallet, etc. étaient de ceux-là.

Pour séduire davantage l’assistance, Karim Tabou n’a pas hésité à accuser les services secrets algériens (l’ex-Sécurité militaire) d’avoir assassiné Maître Ali Mecili le 7 avril 1987. Après avoir conclu que le mouvement insurrectionnel « était l’œuvre de toute une population et non d’un simple groupe de personnes » dès lors que l’action a quitté les franchises universitaires, TABOU s’est ensuite attaqué à certains partis politiques auxquels il ne reconnaît pas le rôle de parti d’opposition.

À ce titre, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) de Saïd Sadi et le Parti des travailleurs (P.T) de Louisa Hannoune ont reçu une bonne part de fléchettes empoisonnées. Pour Karim Tabou, « Le rôle d’un parti politique est de capter avant tout les angoisses d’un peuple », avant de relever les « contradictions » du RCD et du P.T.

Pour le RCD, son opposition est contredite par les fonctions de premier vice-président de l’un de ses éléments (en l’occurrence Nourredine Aït-Hammouda, NDLR) au sein de l’assemblée populaire nationale (APN). « Ce que nous leur demandons (aux membres du RCD, NDLR), c’est d’assumer leurs positions », a crié le conférencier avant de tourner carrément en dérision les propositions de Louisa Hannoune.

Parallèlement aux attaques dirigées contre ces deux partis, le conférencier n’oublie pas de cibler le pouvoir qu’il accuse d’être le principal responsable de tous les maux qui ne cessent de frapper le pays depuis 1962. Citant une multitude d’exemples où le pouvoir est « mis au pilori », le 1er secrétaire du FFS agrémente sa phraséologie de quelques anecdotes humoristiques.

Le conférencier a abordé ensuite, la question relative à l’autonomie de la Kabyle. Ne s’attendant nullement à offusquer ses admirateurs, Karim Tabou a déclaré que « non seulement le MAK pourrait constituer un danger pour la Kabylie, mais il est aussi la création de puissances étrangères ».

Comme un fer chauffé à blanc et qu’on jette d’un seul coup dans un sceau d’eau glacée. Tel est l’effet produit par les propos du conférencier. Comme un seul homme, les jeunes gens et jeunes filles composant l’assistance se sont levés pour crier leur indignation. Ayant compris vite son échec, Karim Tabou a préféré modérer ses propos. Il a même préféré citer les accusations et remarques d’autres personnages faites contre le MAK que de s’attaquer lui-même à ce mouvement populaire de Kabylie.

Le 1er secrétaire du FFS a même fait mieux en déclarant qu’avec ce projet d’autonomie, la Kabylie peut être ciblée par une campagne de diabolisation que le pouvoir saura alimenter.

En dépit de sa position de retraite, le conférencier n’a pas manqué de subir les désapprobations de l’assistance concernant ses attaques contre le MAK. La sortie de Karim TABOU aurait pu être une réussite s’il n’avait pas commis l’impair de s’attaquer au peuple kabyle et ses représentants légitimes et naturels.

Notons enfin que le 1er secrétaire du FFS a été fortement applaudi par l’assistance au début de son allocution en traitant les journalistes du quotidien national d’information Echorouk de « masseuses de hammam », expression due au chef de l’État Abdelaziz Bouteflika.

La colère de Karim Tabou contre Echorouk est justifiée par les écrits critiques de celui-ci à son égard, suite à son déplacement au Maroc pour participer à certains travaux et l’animation de conférences.

Said Tissegouine