Crise au FFS : le congrès compromis

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Ali Laskri
Ali Laskri

KABYLIE (Tamurt) – Depuis qu’Ali Laskri a pris les rênes du FFS, le vent de la  colère semble avoir amplifié dans ce parti, à moins qu’il ne s’agisse de manipulations à grande échelle. En tout cas, les indicateurs sont au rouge.

Où va le FFS (Front des Forces Socialistes) ? La question mérite bel et bien d’être posée surtout à la veille de la tenue de son congrès. Le torchon brûle entre une bonne partie des cadres du parti et la direction actuelle. On évoque de plus en plus l’éventualité que le congrès du parti soit sérieusement mis en péril à cause de cette crise qui ébranle toutes les structures du plus vieux parti d’opposition qui n’arrive plus à se relever, surtout depuis la mort de Hocine Ait Ahmed qui a dirigé le parti d’une main de fer pendant près d’un demi siècle.

Pour rappel, même après s’être retiré en tant que président du FFS, à cause de son incapacité engendrée par son état de santé, Ait Ahmed est demeuré le président d’honneur du FFS jusqu’à sa mort. Après quoi, le FFS  n’a pas cessé d’entrer dans des zones de turbulence interminables. Ce qui engendre une situation véritablement cocasse au FFS : Comment les cadres et dirigeants de ce parti peuvent-ils passer tout leur temps à faire une campagne en faveur d’un consensus entre toute la classe politique en Algérie alors qu’un minimum de consensus ne peut pas être trouvé dans les rangs même de ce parti ?

Le FFS ne parvient même pas à organiser les congrès fédéraux qui doivent précéder la tenue du congrès national à cause justement des tiraillements insurmontables qui le déchirent. En réalité, le problème de fond au sein du FFS est l’absence total d’un fonctionnement démocratique, ce qui est le cas de tous les partis politiques algériens. Les chefs sont désignés on ne sait par qui et les autres postes clés sont attribués également sans aucun critère objectif ou démocratique. Les élections au sein même des partis politiques algériens n’existent même pas. Les jeux sont souvent faits d’avance, avant même la tenue des congrès.

Le cas du FFS est pire puisque le parti n’arrive point à désigner un président comme la logique le dicte. Quant aux membres du présidium, ils n’ont jamais fait le consensus et ils ont de tout temps été imposés par un cabinet noir. Du vivant d’Ait Ahmed, c’était toujours ce dernier qui nommait et dégommait les premiers secrétaires, faut-il le rappeler.

Tarik Haddouche