Décorée par Bouteflika : Le pouvoir tente de récupérer la chanteuse kabyle Nouara

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Nouara
Nouara

KABYLIE (Tamurt) – Après les chanteurs kabyles de service, connus de tous, désormais, le pouvoir algérien vient de signer une tentative de récupération d’une des plus belles voix kabyles, en l’occurrence Nouara. En effet, les artistes kabyles sont en toute vraisemblance pris au piège de la récupération tous azimuts, du moins une bonne partie d’entre eux. Il s’agit d’une méthode savamment mise en œuvre par le pouvoir actuel afin de faire taire les voix rebelles de la chanson kabyle ayant joué un rôle indéniable dans le combat identitaire et contre la dictature militaire algérienne ayant pris en otage le pays depuis son indépendance en 1962.

Nouara, considérée comme le symbole incontestable de la femme kabyle qui s’exprime par la chanson et la poésie,  vient donc d’être la nouvelle cible d’un pouvoir qui s’est spécialisée dans les basses besognes au lieu de laisser tout le monde s’exprimer en fonction de ses propres convictions. Ainsi, Nouara, de son vrai nom Zahia Hamizi, vient d’être décorée par le Président algérien Abdelaziz Bouteflika de la médaille du Mérite national en compagnie de la célèbre comédienne, Sonia, décédée récemment et du réalisateur Farouk Belloufa.  Nouara a soi-disant été décorée pour « avoir marqué le paysage culturel et artistique en Algérie ».

Or, rien n’est plus faux. En dehors de la Kabylie, Nouara n’est guère écoutée dans les autres régions. Hormis les wilayas de Kabylie et Alger, Nouara ne se produit pas ailleurs. Elle ne jouit d’une estime qu’auprès de la population kabyle. Et il s’agit là d’un secret de polichinelle. Notons que la cérémonie de remise de cette distinction s’est déroulée le 8 juin passé au Théâtre National « Mahieddine Bachtarzi » d’Alger à l’occasion de la Journée nationale de l’artiste. Il est évident qu’après avoir été décoré de la sorte, on ne peut désormais que chanter et ne rien déclarer qui ferait mal à ceux qui ont fait tant de mal à un peuple, qui peine à se libérer de ses bourreaux.

Tahar Khellaf