Des milliers de personnes convergent vers Azeffoun (Tizi Ouzou) – Aghilès Hadjou sera enterré aujourd’hui au cimetière de son village natal

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Aghilès Hadjou, lâchement exécuté (égorgé) par ses ravisseurs après son enlèvement jeudi dernier, et dont le corps a été retrouvé hier soir au lieudit, Point-Amoras, près du village Ijarmanen, situé entre les deux plages du Petit Paradis et Sidi Khelifa, dans la commune d’Aït Chafâa, à 75 km au nord est de Tizi-Ouzou, sera enterré aujourd’hui, en milieu de journée, au cimetière de son village natal, Ath Illoul, dans la commune d’Azeffoun. Le corps de la victime découvert enveloppé dans un sachet en plastique et à moitié enterré sur la plage, a été transféré dans un premier temps vers l’hôpital d’Azeffoun avant qu’il ne soit de nouveau acheminé au CHU Nédir Mohamed de Tizi-Ouzou où il a été autopsié.

Selon les premiers résultats de l’autopsie, il s’est avéré que le la mort remonterait au moins à trois jours avant la découverte du corps, ce qui laisse entendre que le jeune Aghilès a été exécuté quelques heures seulement après son enlèvement qui s’est produit jeudi dernier en fin de journée. Les ravisseurs n’ont établi aucun contact avec sa famille pour demander une rançon comme c’était le cas pour les autres enlèvements perpétrés dans la wilaya de Tizi-Ouzou qui détient un triste record en la matière avec 71 rapts.
Dès la matinée, ils étaient déjà des milliers de personnes venues de plusieurs localités comme Aghribs, Ah Chaffa, Iflissen, Tigzirt et de Tizi-Ouzou à converger vers le village Ath Illoul sous un ciel assombri par la perte cruelle d’un jeune à la fleur de l’âge. Ils sont tous venus apporter leur soutien et solidarité avec la famille de la victime et les villageois dépassés par l’ampleur de ce drame.

Le Choc

L’onde de choc est telle que toute la Kabylie est éclaboussée par l’horrible nouvelle de l’exécution d’Aghilès. La population locale avait cru jusqu’à la dernière minute que la mobilisation dont elle avait fait preuve allait permettre de retrouver l’otage saint et sauf. Dépit, dégoût, consternation, sentiment de révolte, condamnation, etc., sont autant de mots qui reviennent dans toutes les bouches à Tizi-Ouzou après l’annonce de la macabre découverte.

« La population est abandonnée à son triste sort. La wilaya de Tizi-Ouzou est une wilaya garnison. Cependant, tous les crimes se déroulent ici, sans que les services de sécurité ne bougent le petit doigt », peste Ali, libraire au centre ville de Tizi-Ouzou. Tous ceux que nous avons questionnés sont unanimes à dénoncer cet état d’abandon qu’on fait subir à la Kabylie. «Hormis l’assassinat de Hend Slimana, aucun autre enlèvement n’a été élucidé à ce jour », note un journaliste exerçant comme correspondant d’un quotidien francophone.
Hormis le MAK, le reste de la classe politique est resté bouche cousue. Jusqu’à ce matin, aucun parti n’a réagi face à ce drame qui a touchée toute une région. L’intérêt est, semble t-il dans l’élaboration des stratégies de campagne pour une élection qui n’intéresse pas grand monde.

Le président du MAK, M. Bouaziz Aït Chebib, a, pour rappel condamné avec la plus grande force ce lâche assassinat et a exprimé la solidarité du mouvement autonomiste avec la famille de la victime dans cette dure épreuve.
« Le jeune Aghiles a été froidement exécuté par les forces obscures qui terrorisent et endeuillent la Kabylie depuis trop longtemps. L’ignoble assassinat d’Aghiles coïncide curieusement avec l’affaire Slimana, un autre enlèvement et une autre exécution avec un simulacre de procès qui ne dupe personne en Kabylie », souligne-t-il.

Lounes O.