Elle est prévue pour le 9 septembre prochain – La rentrée scolaire « dépouille » les pères de famille

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Tizi-Wezzu, Tamurt.info : Dépouillés, pour ainsi dire, déjà par le mois de carême et les fêtes, la plupart des pères de famille sont dans l’embarras. Bon nombre d’entre eux croulent déjà sous les dettes. Ils n’arrivent plus à faire face aux multiples dépenses aussi faramineuses les unes que les autres.
Des commerçants à forts revenus se plaignent de la cherté de la vie, alors que dire des salariés écrasés par un quotidien des plus difficiles ?
L’approche à grand pas d’une autre fête religieuse, l’aïd, qui nécessite d’énormes dépenses, a ôté le sourire aux Algériens. Certains pères de famille sombrent déjà dans la déprime. Le nombre inquiétant de suicides s’explique également par l’impuissance à faire face à la rudesse de la vie. Les chefs de famille ne peuvent plus supporter cette pression et certains finissent par craquer en commettant l’irréparable.

La plupart des travailleurs ne touchent pas plus de 25 000 dinars par mois, l’équivalent de 200 euros. D’autres gagnent encore moins.
«Il me faut au moins 30 000 dinars pour l’achat des fournitures scolaires et des vêtements pour mes trois enfants. Deux sont dans le cycle primaire et un autre au collège. Alors que moi je ne touche que 22 000 dinars par mois. Je travaille même les week-ends chez des particuliers, mais je n’arrive pas à subvenir à tous les besoins de ma famille. Même durant mon congé annuel, j’ai travaillé et je n’ai pas pris de repos », nous dira un père de famille de la ville de Tizi-Ouzou.
Ce témoignage des plus poignants trahi le marasme dans lequel évolue la société. La misère dont souffrent les Algériens s’accentue.

Les fléaux sociaux y trouvent un terrain propice. L’esclavagisme moderne a refait surface. La Kabylie est touchée de plein fouet par la misère. Ignorées, vouées aux gémonies, broyées, les populations, abandonnées, s’enfoncent chaque jour un peu plus dans la pauvreté. Le chômage y fait rage. Plus de la moitié de la population est inactive.

La pauvreté a atteint son seuil dans un pays aussi riche que l’Algérie. Une minorité s’enrichit de plus en plus, alors que la majorité du peuple fait face à une crise économique et à l’inflation qui rappelle celle de la fin de la décennie 1980. Tous les ingrédients d’une implosion sociale sont là, comme en 1988.

La moindre chute du prix du baril, une éventualité que les économistes et les politiciens n’écartent pas d’ailleurs, plongera l’Algérie dans le chaos. Il semble que la leçon de la crise économique de la fin des années 1980 n’a pas été retenue par les dirigeants du pays.
La situation socio-économique de l’époque semble se répéter. Eternel recommencement. Personne ne se soucie de cette Algérie abandonnée, en panne et qui navigue à vue. D’ailleurs, depuis le mois de mai dernier, le chef de l’Etat lui-même, n’a pris aucune décision. Un comportement comparable à celui de Chadli Bendjedid.

Nadia Iflis