Émeutes à Annaba : De lourdes peines suite au défilement avec le drapeau français

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ALGÉRIE (Tamurt) – En effet, La justice a réagi contre les présumés meneurs de troubles en organisant des procès expéditifs. Des peines de 2 à 8 ans de prison ferme ont été prononcées à l’encontre des prévenus. C’est ainsi que la personne répondant aux initiales de M. A. un Kabyle, a été condamné à deux ans de prison ferme. Son tort est d’être au mauvais endroit au mauvais moment.

Ce jeune homme résidant de la wilaya d’El-Tarf, occupe un poste au centre de contrôle technique automobile de Sidi-Salem. Dans le souci d’éviter que l’espace de son lieu de travail ne tombe entre les mains des manifestants qui semblaient saccager tout sur leur passage, le malheureux a décidé de fermer le portail y donnant accès. C’est à ce moment que les policiers, ivres de rage, arrivèrent sur les lieux, l’attrapèrent et sans le moindre ménagement l’embarquèrent au commissariat.

Sur les lieux de cette institution où il doitt régner logiquement un minimum de décence et de compréhension, personne n’a voulu prêter attention aux complaintes de M. A. Au tribunal, personne non plus n’a voulu l’écouter. On ne sait comment les magistrats ont décidé de faire de ce jeune kabyle un coupable. Et aussitôt décidé, le malheureux est envoyé à la prison de Bouzaroura.

A préciser qu’il y a une unanimité dans la presse écrite algérienne quant aux dépassements flagrants des autorités algériennes dans l’affaire de Sidi-Salem qui se sont traduits par l’excessive brutalité policière et le rôle ingrat des magistrats.
Quant à l’origine de ces émeutes, elle est connue de tous.

Les habitants du bidonville de Sidi-Salem ont adressé plusieurs requêtes aux pouvoirs publics compétents pour les aider à sortir de leur misère criarde. Un emploi pour le chômeur, un logement décent contre le galetas occupé depuis l’indépendance du pays, une conduite d’assainissement pour éviter de patauger dans des eaux usées, l’approvisionnement en eau potable et quelques autres éléments indispensables pour une vie un tant soit peu digne.

Comme réponses à ces requêtes renouvelées régulièrement d’une manière pacifique, les pouvoirs publics, par mépris, ont gardé le silence et y sont restés immobiles. Après une longanimité à travers laquelle ils ont eu l’ultime conviction qu’ils n’ont jamais été considérés comme des citoyens algériens à part entière, les habitants de Sidi-Salem ont alors déclaré publiquement leur indignation vis à vis de l’Administration centrale d’Alger. Et ce ras-le-bol s’est traduit par la levée du drapeau tricolore.

Signalons enfin que les tissus ayant servis à la confection du drapeau français sont sortis des ateliers des environs de Sidi-Salem. Par conséquent, ateliers et couturiers concernés par l’affaire sont activement recherchés par les flics plus enragés que jamais.