En voulant corriger son erreur, le maire d’Aghribs s’enfonce davantage dans la boue

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – En effet, le premier magistrat de la commune d’Aghribs a attendu pas moins qu’une dizaine de jours après son geste immoral pour apporter ce qu’il ose appeler « une réponse aux allégations du MAK ». Cette intervention maladroite de Monsieur Rabah Yermache a eu lieu dans l’édition n° 5552 de ce matin du quotidien algérien Liberté. Que dit donc l’homme qui s’est arrogé le droit d’empêcher un haut responsable du MAK de prendre la parole ? En s’adressant au brillant journaliste de Liberté, Yahia Arkat, connu de tout le monde comme un militant du parti du Dr Saïd Sadi et qui était justement présent ce jour-là à Fréha dans le cadre de sa mission journalistique, il a dit:« n’eût été notre intervention en votre faveur (militants du MAK ndlr), des citoyens anonymes et non des militants du RCD – comme vous l’insinuez – auraient pu vous lyncher parce qu’ils ont vu dans vos propos haineux, récupération et opportunisme ».

Quelle pauvreté de mots de la part d’un maire qui se présente dans la peau d’un démocrate ! Tout d’abord, Monsieur le maire, la grande marche à laquelle des milliers de militants du MAK ont pris part a été silencieuse. Donc, il ne pouvait y avoir aucun propos. Effectivement, tout au long de la marche, il n’y avait eu ni propos d’amour ni propos de haine. La prise de parole a eu lieu devant le siège de l’APC de Fréha et vous avez empêché le représentant du MAK de prendre la parole. Où donc y-a-t-il eu le propos haineux des militants du MAK ? Ensuite, il y avait une armada de journalistes ce jour-là à Fréha. Pas un n’a rapporté la tentative de lynchage des militants du MAK par des citoyens. Croyez-vous monsieur le maire que l’honnête et brillant journaliste, Yahia Arkat, aurait raté un tel fait qui aurait été très porteur politiquement pour le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) ? En troisième lieu, pourquoi, monsieur Yermache, avez-vous attendu cette journée du 02 décembre pour apporter ce que vous considérez comme une mise au point ? N’est-ce pas parce que Tamurt a rapporté et dénoncé le fait le jour même où il a été commis ? Votre intervention venue tardivement est due certainement à l’injonction que vous avez reçue de la part de vos maîtres. Il paraît qu’au RCD, seul un groupe restreint de personnes se permet le luxe de réfléchir. Il réfléchit pour lui-même et pour les autres.

Le comble d’ironie, le maire d’Aghribs qui a, encore une fois, démontré qu’il n’est qu’une marionnette entre les mains de ses responsables pousse l’outrecuidance et le ridicule jusqu’à souligner qu’il ne verrait aucun inconvénient si le MAK voulait une tribune d’expression. « Grand bien vous fasse ! Vous avez 365 jours pour le faire partout où vous voulez en Kabylie. Je peux vous assurer que j’y serai pour vous écouter et comprendre un peu plus votre projet de société autonomiste ». Monsieur Yermache, la famille militante et patriotique du MAK a fait son choix depuis neuf ans déjà. Et sa tribune d’expression est la Kabylie. Par ailleurs, le MAK s’adresse au peuple kabyle durant 365 jours. Vous seriez prêt à écouter le MAK et comprendre un peu son projet de société autonomiste ? Grand bien vous fasse monsieur le maire ! Le MAK ne ferme jamais ses portes à un Kabyle, ni d’ailleurs à aucune personne de bonne volonté.. Il va sans dire qu’il sera appelé à faire preuve de longanimité pour vous apprendre son projet autonomiste. Si depuis presque dix ans vous ne l’avez pas encore compris, il y a fort à parier que vous mettrez encore dix ans à le comprendre. Peu importe le facteur temporel en tout cas.

Quant à vos chefs qui s’octroient le confort et le luxe des grands salons d’Alger, ils ont compris le projet de société autonomiste lancé par Monsieur Ferhat Mehenni dès le mois de juin 2001. La dernière preuve ? Votre geste condamnable du 22 novembre dernier à Fréha. Monsieur Yermache, vous osez parler au nom du RCD. Vous dites bien effectivement : « Au RCD, pour nous tous, notre ennemi, c’est le sous-développement, c’est la corruption, c’est le terrorisme, c’est la confiscation de notre histoire et de notre identité… ». Sincèrement, vous me faites penser à cette maxime populaire où le lièvre disait : « nous autres animaux sauvages sommes tous coriaces ». Il s’est mis sur le même pied d’égalité que le lion. Or, à la vue d’un lion, l’homme prend la fuite pour ne pas lui servir de repas tandis qu’à la vue d’un lièvre, il lui court après avec l’intention de s’octroyer un civet au dîner. Ainsi monsieur le maire, vous vous placez sur le même pied d’égalité que les hauts dirigeants du RCD.

Qui croyez-vous donc assez innocent pour gober de telles fadaises ? N’est-ce pas que ce sont vos responsables qui vous ont donné l’ordre de délivrer le permis de construire d’une mosquée au groupe salafiste d’Agribs dont les conséquences sont connues de toutes et de tous à présent ? N’est-ce pas que ceux sont toujours vos mêmes responsables qui vous ont donné l’ordre d’annuler cette autorisation de construction ? Non, vous n’êtes pas maître de vos décisions monsieur le maire d’Aghribs. Donc, vous n’êtes pas habilité à utiliser le pronom de la première personne du pluriel quand il s’agit du RCD.

La meilleure façon pour vous, monsieur le maire, de corriger votre incartade, c’est de demander tout simplement pardon à celles et ceux que vous avez offensés. Faire dans le mensonge dicté surtout par les autres n’est certainement pas la solution pour retrouver sa place dans la société. Sachez enfin que c’est le MAK qui défend les intérêts de la Kabylie. Alors, moins vous l’agressez, plus vous construisez votre liberté.