Il a appelé les travailleurs de Liberté à radicaliser leur mouvement : Ahmed Fattani, l’arroseur arrosé

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ALGÉRIE (Tamurt) – Ahmed Fattani, directeur de publication du journal l’Expression a vite fait de réagir à la grève des travailleurs du journal Liberté. Actionnaire minoritaire, avec moins de 0.5 %, Ahmed Fattani, dont le personnel à l’Expression est le moins payé de toute la presse algérienne se veut comme un défenseur des travailleurs, alors que ceux de l’Expression sont lésés dans leur droits les plus élémentaires. Ce personnage, qui a terrorisé ses travailleurs, où il interdit même les syndicats, a eu l’audace d s’immiscer dans une action dont il n’est concerné ni de près ni de loin.

Retour sur un personnage connu pour sa versatilité et son allégeance. Il était d’abord du BSP (Bureau de sécurité et de prévention), à El Moudjahid, où il rédigeait des rapports quotidiens pour la police, contre, bien entendu les berbéristes et les communistes. Quelques années plus tard, il sera envoyé par l’APS, pour service rendu, à Tunis. Il tissait des relations intimes avec l’ex-dictateur de Carthage, Ben Ali. Derrière lui, un militaire du côté de Tuβiret. Il est gradé de la Marine algérienne.

Avec l’ouverture dite démocratique, Fattani, créé avec Hacene Ouandjeli et Ali Ouafek, le journal Liberté. Quelques années plus tard, Rebrab entre en jeux et achète les actions du journal. Fatteni, minoritaire, tente tous les coups bas pour attenter à l’homme d’affaire Issad Rebarb.

Connu pour son allégeance aux puissants, il prend tantôt une position pour le pouvoir, et lorsque les pages de publicité de l’ANEP se raréfient, il fait dans l’allégeance sans limite. Toujours proche du régime, Fattani est connu dans le monde de la presse pour son comportement de caïd. Une « valeur » qu’il tient de son père, caïd du côté de Tuβirett.

En 2001, alors que la Kabylie était à feu et à sang, il ouvre son canard boiteux avec une information sur le MAK ou il titrait : « Ferhat Mehenni est un homme dangereux ». Un appel pour assassiner le leader du MAK. Dés lors, la Kabylie a décidé de placer Fattani et son journal dans la poubelle de l’histoire.

Pour cette fois-ci, actionné par les anti-kabyles du régime, Fattani fait de la défense de Bouteflika son sacerdoce. Toujours à l’avant-garde pour défendre un régime criminel, il s’est fait une notoriété d’un infatigable suppôt du régime assassin d’Alger. Quant à la gestion de son journal, il faut noter que les travailleurs de l’Expression sont les moins payés de toute la presse.
Intimidations, pressions, insultes et même harcèlements, Fattani est devenu le bourreau des journalistes algériens. Plusieurs de ses victimes n’ont même pas été déclarées à la sécurité sociale.

« Cette grève des travailleurs est un fait inédit dans l’histoire de la presse privée algérienne du fait des promesses et les engagements non tenus faits par la direction du journal Liberté aux travailleurs», a écrit Fattani sur l’Expression. « Le mépris des travailleurs a un prix: le bras de fer auquel nous assistons entre les travailleurs et Rebrab n’est que l’illustration parfaite que la puissance d’argent demeure le grand danger contre la liberté d’expression, la démocratie et la dignité humaine. Sinon comment expliquer qu’un journal qui réalise plus de 60 milliards de bénéfices ne puisse sacrifier qu’à peine 20 millions de DA pour corriger les disparités salariales», a-t-il ajouté.

En donneur de leçon, Fattani a-t-il oublié que dans son propre journal, où la publicité est géré par la boite de communication de sa femme, publié sur un journal qui lui appartient est aussi une entorse pour la loi. De ce fait, il est l’arroseur arrosé.

La fin de règne de Bouteflika mettra-t-elle fin à tous ces dépassements ? Sûrement, non, puisque seul le départ du système politique qui a enfanté des Fattani et des Belhouchet pourra libérer la presse du joug de l’argent. Quant à la Kabylie, elle se sait prisonnière d’un régime, d’où son combat pour son autodétermination.

D. M