Journalistes-correspondants de la radio – 13 mois sans salaires

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Une dizaine de correspondants de la radio locale de Tizi-Ouzou n’ont jamais perçu leurs salaires. Depuis le lancement de cette radio, le 1er novembre 2011, les correspondants locaux qui couvrent quotidiennement les localités, telles que Boghni, Aït Ouacifs, Tigzirt, Aghribs,…n’ont pas touché un sou. Ils sont victimes d’une exploitation qui ne dit pas son nom.
Selon des correspondants locaux, qui ont requit l’anonymat, le directeur leur a promis de régler leur salaire depuis plusieurs mois. En vain. Les promesses faites par ces responsables ne sont jamais tenues. Certains journalistes-correspondants ont fini par jeter l’éponge sans jamais percevoir un dinar, eux qui ont pourtant signé des conventions de 25 000 dinars par mois, mais sans couverture sociale.

Certains d’entre eux sont des pères de famille et n’ont aucune autre source de revenus. Les correspondants sont contraints pourtant de couvrir tous les évènements de l’actualité de leurs localités respectives.
Un minimum de deux envois par jour leur a été exigé. Ils se déplacent avec leurs propres moyens et sans jamais bénéficier au moins des frais de mission. « On est exploité par une radio étatique comme des esclaves », nous dira l’un d’eux. « Pour fêter le premier anniversaire du lancement de la radio-Tizi-Ouzou, le 1er novembre dernier, la radio de Tizi-Ouzou a dépensé plus d’un milliard de centimes, en invitants des « stars » et des hauts responsables politiques, alors que ses journalistes –correspondants, qui assurent les tâches les plus dures, ne sont pas encore payés, une année après le lancement de cette radio », dénonce un journaliste de la radio-Tizi-Ouzou.

Notons que le pouvoir a changé même l’appellation de cette radio dite locale. Elle s’appelait durant les années 1960 radio-Djurdjura, mais le pouvoir a voulu la réduire à celle de la région de Tizi-Ouzou seulement.
Les programmes présentés n’ont rien à voir avec la réalité et le vécu des citoyens. C’est une radio anti-kabyle. Le temps de son émission est limité à 12 heures par jour. Une bonne partie des programmes et des émissions sont faits en langue arabe. « Pourquoi on ne présente pas des émissions en langue kabyle au niveau des autres stations de radios locales de l’Algérie, puisque on en présente en langue arabe à la radio de Tizi-Ouzou ?», dénonce un habitant de la ville de Tizi-Ouzou cette politique de deux poids, deux mesures.

Izem Irath