« La Baltagia du régime »

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CONTRIBUTION (Tamurt) – On la voit partout, elle monopolise l’outrage et l’insulte, elle aboie à chaque fois que ses maîtres et ses sponsors sont mis en cause. Elle défend le régime algérien bec et ongles, c’est sa mission, sa destinée, elle en est fière. C’est « ne touche pas à mes maîtres sinon je mords et je griffe… ».
Elle tire sur tout ce qui n’est pas encore corrompu. Les misérables, les pauvres, les sans culottes, les opprimés, les ouvriers, les chômeurs n’ont qu’à se taire et s’écraser sinon ils risquent la foudre de la célèbre baltagia, elle les traitera de tous les noms, et des plus infamants, elle les désignera à la vindicte populaire comme des agents au service des ennemis étrangers de l’Algérie, comme des traitres, elle les mettra à coup sûr sur le bûcher…

Elle est la star des journaux affidés du régime pourri, ils ont les mêmes sponsors. Elle est sur toutes les pages d’El Chourouk d’Ali Fodil, d’El Nahar de Mohamed Mguedem (alias Anis Rahmani), d’Algérie Patriotique de Lotfi Nezzar , fils de Khaled Nezzar, et de Sid-Ali Médiène fils du reb dzair, l’homme qui possède l’Algérie… Et même l’Entv s’y met, preuve à quel point l’apport de Louisa pour le sérail des dominants est indispensable.
Elle est leur vedette, leur référence, ils l’ont mise sur l’estrade de l’esbroufe et de l’indignité. Toutes les insultes qu’ils n’osent pas, de peur d’apparaître, ils les sous-traitent à la baltagia Louisa. Toute honte bue, l’infamie c’est son truc à elle, c’est son dada, son visage n’en rougit plus. C’est l’aboyeuse du régime. Une marionnette-perroquet tombée entre de sales mains. Son égo est exacerbé par ses maîtres, elle s’autorise alors tout, elle crache partout, pas de limites à ses élucubrations et surtout, aucune décence.

La trotskyste à la vaisselle d’or ne fréquente désormais que la caste dominante, elle se pavane dans leurs salons et leurs châteaux, elle est admise à la cour du roi Boutef, devenue la plus active et la préférée de toutes les courtisanes. Elle assiste à toutes leurs manigances et leurs magouilles, elle veut que sa part du gâteau soit encore plus grande, elle veut sa part du butin, elle est informée de tous les coups tordus, diaboliques et morbides que le régime concocte contre le peuple algérien et contre les libertés. Et quand le roi et sa cour veulent se détendre, Louisa se mue aussi en bouffonne, elle est capable de toute la baltagia ! Et mêmes des servilités les plus méprisables.

Boutef c’est son roi et son Dieu, gare à celui qui ose toucher un seul cheveu du nain. C’est son protecteur, son bienfaiteur, sa raison d’être. Elle lui doit tout, jusqu’à son poste de député, sa villa, ses voitures et ses salaires indécents et insultants envers les millions de travailleurs qu’elle est censée représenter. Elle veut qu’il s’éternise au pouvoir, elle ne peut imaginer une Algérie sans boutef et sans Médiène, elle s’excite et perd ses nerfs contre ceux qui appellent à ce que ce roi, et aussi chef de la mafia, dégage.

Le pouvoir corrompu, morbide et immoral a érigé Louisa comme guide de la morale et de la vertu. Prête à donner des leçons à la terre entière, il suffit juste d’appuyer sur le bouton. Le formatage est bien achevé, la rengaine bien apprise et la lâcheté bien assumée.
Louisa dort bien, la pauvreté et la galère des algériens ne l’atteignent plus, elle en a cure, elle n’y a jamais été sensible d’ailleurs. Elle est tombée dans le trotskysme et désignée “défenseuse” des travailleurs par pur hasard. Elle a été incitée et mise sur orbite, c’est uniquement pour le besoin de la caste dominante et du clan qui a mis main basse sur l’Algérie.
Il fallait un larbin ambitieux pour ce créneau, il fallait un rat de laboratoire pour ce poste, et c’est Louisa qui était choisie, elle en a les qualités la baltagia !

Tout indiquait qu’elle allait bien assumer ce rôle, il suffisait juste de la faire bachoter sur quelques livres de référence du trotskysme afin qu’elle comprenne la mécanique et comment haranguer et tromper les foules. La DRS avait ses laïcards de laboratoire, ses islamistes de laboratoire, ses journalistes de laboratoire, ses syndicalistes de laboratoire, il lui a fallu une trotskyste de laboratoire.
Abdelmadjid Sidi Said, ce kabylo-syndicaliste de service, c’est du deux en un, était tout disponible à prêter main forte pour que Louisa ait la meilleure formation, dispensée par le maître de la flagornerie lui-même. Et depuis, l’élève a dépassé le maître, Louisa a fait d’énormes progrès dans la ruse, la trique, l’hypocrisie, la tromperie et dans son engagement indéfectible à défendre les intérêts du régime.
Elle déploie force et énergie pour que les mêmes suceurs de sang des algériens demeurent encore et encore au pouvoir. Sa fidélité envers ses créateurs a été garantie et certifiée, elle est inébranlable.

Le souci de Louisa n’est pas la galère des algériens, la trotskyste de lab s’en moque éperdument, mais bel et bien la sauvegarde de ses privilèges inhérente à la pérennité du régime. Elle a la trouille de se retrouver orpheline du roi et de ses sbires, sans protection et livrée à elle-même, alors elle fait feu de tout bois.

Les chômeurs du sud qui protestent et qui marchent contre la misère et la ségrégation, pour Louisa c’est la faute de Benbitour et des fomenteurs de complots de l’étranger.
Les nombreuses révélations sur la corruption du clan de bouteflika, pour la baltagia c’est juste un coup de la CIA et du Qatar pour discréditer son roi adoré et l’empêcher d’avoir un quatrième mandat.
Les algériens qui manifestent un peu partout contre la pauvreté, le mal-vivre et le mépris du clan au pouvoir, c’est juste des manipulés et des marionnettes aux mains des sionistes, les kabyles qui se défendent contre l’apartheid, le racisme, le déni identitaire et l’oppression des voyous du régime, pour miss Anti-kabyle c’est à cause de Ferhat Mhenni, c’est lui le comploteur.

Ferhat Mhenni, l’incorruptible, est devenu la tête de turc pour cette baltagia, pas un discours ou une intervention sans qu’elle ne le cite. Toujours en mal, toujours avec la même haine et la même outrance, la même infamie et les mêmes mensonges. Elle ne cesse de s’en prendre à lui, de faire des appels implicites à son assassinat et à sa liquidation physique. Elle lui a mis l’insigne du coupable à abattre. Pour la baltagia, la règle est simple et évidente, l’ennemi du régime devient l’ennemi de Louisa.

Et pourtant Ferhat Mhenni ne fait que défendre les siens et son peuple contre les oppressions, les humiliations et la domination que les amis de Louisa leur font subir. Ferhat Mhenni a été toujours constant dans ses valeurs et ses convictions, il n’est pas superficiel, il n’est pas avide du pouvoir et de la richesse. Il n’a jamais cédé aux sirènes du pouvoir. Il aurait pu, fils de chahid qu’il est, bénéficier de tout le confort matériel et social et faire parti du sérail et du clan. Comme Louisa ! Il aurait pu vivre parmi la caste des dominants s’il avait la mentalité et les valeurs de Louisa.
Mais l’homme n’est pas achetable, le système n’a pas pu le corrompre, ce n’est pas faute d’avoir essayé, il est resté digne, propre et irréprochable, c’est tout l’inverse de Louisa. Mêmes les menaces, les agressions, les coups bas et surtout l’assassinat lâche de son propre fils par les maîtres de
Louisa n’ont pas pu briser son élan et sa détermination à vivre en homme libre. C’est un homme d’honneur et de convictions, les insultes de Louisa et de ses amis n’y pourront rien.

Louisa aurait pu jouer le rôle de commis aux sales besognes et se taire, ne pas s’en vanter ou, pire, prétendre donner des leçons à ceux qui sont restés propres et libres. Mais l’amour du régime déborde de son corps, elle veut l’assumer et le crier sur tous les toits, elle veut manifester sa gratitude envers ses maîtres.
Toute critique de boutef ou de son régime est blasphématoire à ses yeux et mérite les foudres divines, elle se charge pour allumer le bûcher et désigne les coupables. Toute critique de son roi adoré, elle la ressent comme un outrage envers elle-même. Elle s’est érigée en porte parole d’un pouvoir moribond et néfaste.

L’honneur, cette chose si précieuse pour celui ou celle qui la possède, Louisa l’avait vendu, elle l’avait échangé contre de l’argent, des villas, des voitures, des serviteurs, des robes, des voyages, des visas, des chaussures… La seule chose qui lui importe, c’était le prix que lui avait rapporté cette vente.

Farid ATTOUI