L’armée algérienne bombarde la Kabylie: Des obus pour déplacer les villageois de l’Akfadou et de Tifra

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AKFADOU ET TIFRA (Tamurt) – Deux paisibles villages kabyles viennent d’être le théâtre d’une indescriptible terreur. Des tirs d’obus des hélicoptères de l’armée algérienne à proximité des maisons ont terrorisé la population d’Akfadou et de Tifra.

Indignée par ce comportement criminel des forces de sécurité, la population se sent sérieusement menacée dans son droit à vivre sur son sol. Le fallacieux prétexte de lutte antiterroriste avancé par les services algériens depuis une vingtaine d’années, est définitivement discrédité.

Révoltée, la population de ces deux villages et les Kabyles en général, accuse l’armée algérienne de troubler volontairement leur cohésion et leur tranquillité. Ils savent que c’est l’armée qui a, dans un premier temps, aidé les terroristes à s’installer en Kabylie. Maintenant, elle met en œuvre le deuxième volet de son plan diabolique qui consiste à obliger les Kabyles à quitter leur terre. Avec la complicité des relais mafieux actionnés sur le terrain, de membres des institutions officielles, d’une justice aux ordres, la déstructuration de la société kabyle est enclenchée à grande vitesse.

Après les arrestations humiliantes des non-jeûneurs, elle sème la terreur dans nos paisibles villages.

Le peuple kabyle sait que ces bombardements et le comportement de voyous des agents de sécurité chassés en 2001 de Kabylie, revenus depuis, en plus grand nombre, ne sont justifiés que par la volonté du pouvoir algérien de soumettre les Kabyles et de les détourner de leur aspiration à la liberté.

Les provocations d’Alger vis-à-vis de la Kabylie ravivent des faits horrifiants enfouis dans notre mémoire collective. Quand on commence à provoquer le déplacement de la population kabyle, on touche au sacré qui lie le Kabyle à sa terre (tamurt ). Tel un leitmotiv, le terrifiant souvenir de la déportation vers de lointaines contrées après la révolte de 1871 remonte à la surface. Ce sont exactement des motivations étrangement identiques qui ont poussé la France coloniale à commettre le forfait qui reste encore aujourd’hui présent dans la mémoire des villageois kabyles.

On commence par réduire votre liberté, folkloriser votre culture, rabaisser votre langue au rang de patois et votre religion au rang de superstition, saper vos principes, envier vos terres, et si vous résistez, on essaie de vous déplacer. Si vous refusez, on passe à la déportation pure est simple.

Pour avoir été victimes de cet ignoble procédé propre aux conquérants les plus cruels, nous devons prendre conscience et réagir énergiquement pour ne pas subir le sort que nos ennemis avaient réservé à nos ancêtres.

Cette agression sans précédent commise au vu et au su de tout le monde, doit pousser les Kabyles à se mobiliser tel un seul homme contre cette sauvagerie étrangère à leur culture et à leur vision du monde.

L’G.P.K. dénonce cette barbarie et appelle la population kabyle à une mobilisation générale pacifique pour en découdre une fois pour toutes avec ce pouvoir sans foi ni loi.

Lyazid Abid