Le drapeau amazigh et l’hymne de Matoub Lwenas triomphent en Kabylie

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Matoub
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CONTRIBUTION (TAMURT) – Malgré un forcing et des moyens colossaux mis à la disposition des agents de la police politique pour « algérianiser » les manifestations en Kabylie, les villes du pays kabyle ont retrouvé à l’occasion des marches du 15 mars 2019, leurs couleurs authentiques : bleu, vert, jaune et rouge. L’apothéose, est d’entendre des foules immenses de jeunes, qui font retentir, sans complexe contrairement à nos « sages » septuagénaires, la version kabyle de l’hymne algérien, Aghuru, de Matoub Lwenas. L’Histoire est en marche. Il y aura certainement des tentatives « complotistes », mais l’Histoire n’est pas un complot.

Pour l’histoire et surtout pour l’Histoire, il n’est pas inutile de rappeler que le drapeau dit algérien est conçu par la femme de Messali Hadj, la Française Émilie Busquant en 1934 à Paris! Atteinte, tout comme son tourtereau, par le virus de l’exclusion et de l’arabo-islamisme du prince druze Chakib Arslan, Lala Émilie la militante anarchiste de gauche, s’est inspirée d’un fanion des pirates ottomans pour nous dessiner un drapeau avec un croissant et nous couler ainsi dans les eaux troubles du monde dit arabe. Après le déclenchement de « la guerre d’Algérie » qui s’est concentrée essentiellement en Kabylie et au sein de l’immigration kabyle en France, Messali Hadj créa le MNA (Mouvement national algérien) et rentra en guerre fratricide contre le FLN. Des milliers de militants du FLN ont été sauvagement assassinés par les éléments de Messali qui arboraient fièrement le drapeau de leur « zaïm ». Les Kabyles du FLN qui sont tombés au champ d’honneur entre1954 et 1962, et qui constituent plus de 80 % de l’ensemble des victimes de cette guerre, ne se sont nullement sacrifiés pour le drapeau de Messali, mais pour que les futures générations vivent en liberté.

Malheureusement, cette liberté a un goût amer pour le peuple kabyle. En 1963, l’armée algérienne envahit la Kabylie et massacre plus de 400 anciens combattants de la wilaya trois historique. En 2001 se sont les troupes de la gendarmerie algérienne qui tirent des balles explosives sur la population kabyle, tuant en quelques semaines 128 jeunes à la fleur de l’âge.
Il est important de constater que la mayonnaise du pourvoir ne prend plus avec la nouvelle génération de Kabyles. À Bgayet, Tuvirett, et Tizi-Wezzu, ce sont les dignes petits-enfants des maquisards qui arborent fièrement les belles couleurs de notre emblème. Le feu a ravagé la boutique de l’imposture et fonds de commerce est consumé! Force est de constater que la génération des Smartphones, n’a plus la naïveté de nos parents et de nos grands-parents. Elle ne sacrifiera plus jamais son identité, sa langue, sa liberté confessionnelle et ses aspirations au nom d’une supposée unité nationale, qui n’est en vérité qu’une tentative d’assimilation sournoise des larbins des monarchies du golfe.

En ce 15 mars 2019, nos jeunes ont redoré le blason terni de la Kabylie après trois vendredis de perversions. Quelque soit le nombre de drapeaux algériens et palestiniens que distribuent généreusement les mains invisibles des valets des services. Quelques soit le nombre de mercenaires et d’indics de la stasi algérienne, qui se dissimulent derrière des lunettes de soleil pour infiltrer les manifestants sincères afin de les embrigader, le peuple kabyle résistera et triomphera.

Enfin, il est du devoir de tous les militants politiques kabyles de défendre les spécificités du peuple kabyle pour ne pas rééditer les échecs et les traumatismes de 1963 et de 2001. Sinon, si cette fameuse révolution ne débouche pas sur au moins une très large autonomie de la Kabylie, ces parades ne sont en somme que : Aghuru, Aghuru, Aghuru.
Gloire à Matoub Lwenas.

Linda At-Wali

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