Le simulacre de révolution de la PP et l’avenir du peuple kabyle

1
Le simulacre de révolution de la PP et l'avenir du peuple kabyle
Le simulacre de révolution de la PP et l'avenir du peuple kabyle

CONTRIBUTION (TAMURT) – Il ne faut pas être diplômé de Harvard ou porter le titre de « douctour »pour comprendre que les manifestations des peuples d’Algérie sont téléguidées par la police politique (PP), le saint des saints du régime. Certes, le ras-le-bol est généralisé. Le « dégouttage » et la mal-vie touchent toutes les couches de la société, notamment les jeunes. Cependant, la manière avec laquelle est conduite cette révolte spontanée pose plus d’une question.

Sinon, comment peut-on expliquer les facilités que trouvent les initiateurs de ces parades, alors qu’un simple sit-in de militants souverainistes est réprimé, comme à l’accoutumé, avec une atroce brutalité?
La réponse se trouve dans les gènes des régents d’Alger. Incultes et violents, les militaires algériens, à travers la PP, feront tout pour n’avoir que des hurluberlus ou des islamistes comme seuls interlocuteurs. Par la suite, ils se présenteront, analphabètes qu’ils sont, comme des sauveurs de la république et prolongeront ainsi leur survie pour des dizaines d’années. Une solution à l’égyptienne!

C’est quoi donc cette fameuse PP?

Qu’elle s’appelle MALG, SM, DRS, DSS. Qu’elle soit dirigée par Boussouf ou Tartag en passant par Marbah, Zerhouni, Betchine et surtout par Toufik, la police politique est cet État parallèle qui gère et surveille tout ce qui bouge dans ce pays grâce à ses tentacules et à ses nombreux agents et indics. Ses éléments sont bien sûr présents dans les services de répression (armé, gendarmerie, police), mais pas seulement. Les administrations publiques, les consulats, les universités, les clubs sportifs, les associations culturelles, les médias, les comités de villages etc. pullulent d’indics grassement payés. Les grosses têtes de la PP considèrent l’Algérie comme un bien privé. C’est tout bonnement qu’ils se croient en droit de lui choisir un « président stagiaire » docile et maniable. Et quand celui-ci est gênant, les grosses têtes de la PP l’éliment en direct à la télé.Elle n’est pas belle la vie?

La police politique crée ou infiltre les partis politiques, les syndicats, les organisations estudiantines, les médias pour les garder sous son contrôle. Elle distribue des villas, de l’argent à gogo, des voitures de luxe et même de la cocaïne, en contrepartie de rôles ingrats de figurants et de chargés de mission. La police politique n’aime pas les intellectuels, les militants convaincus, les personnes structurées. Elle leur préfère des illettrés ou des lettrés affamés, imbus de leurs personnes, ou mieux encore des islamistes violents. Depuis l’assassinat d’Abane Remdane, la PP a éliminé des milliers de journalistes, d’écrivains, de chanteurs engagés, d’hommes de théâtre, de professeurs et a fait disparaitre plus de 15 000 personnes. En 2001, la PP a assassiné 126 jeunes kabyles avec des balles explosives. La PP a poussé des dizaines de milliers d’universitaires à l’exil pour nommer des personnes serviles aux mœurs douteuses comme ministres, députés, walis, chef de Daïra ou maires. La PP désigne des ignares à la tête des universités et des lycées. Elle s’immisce dans la gestion du Football pour manipuler les foules et placer ses agents aux postes clés des clubs et de la fédération. Elle prend soin des enfants de la nomenklatura en les payant en dollars ou en euros pour des emplois de la honte au sein des consulats et des agences d’Air Algérie à l’étranger. Sans le quitus de la PP, nul ne peut accéder à l’importe quel poste fut-il un simple imam dans un village perdu de Tindouf.
La mal étant identifié, la PP en l’occurrence!

Quid de l’avenir du peuple kabyle?

Quelle que soit l’issue de ce simulacre de révolution ou d’élections, les militaires et les islamistes se partageront une fois encore le pouvoir en Algérie. Ils s’uniront pour essayer d’imposer au peuple kabyle leur religiosité infamante, leur langue sacrée, leur graphie bénie, leur école sinistrée, leur antisémitisme maladif et leur drapeau doctrinal. Comme en 1962, les Kabyles qui ne se voient pas comme un peuple à part entière et qui croient encore à un avenir dans un système jacobin en aboyant, toute honte bue, leur fierté d’être algériens sur les plateaux de chaînes de télévision islamistes, découvriront ce qu’ils représentent réellement aux yeux de leurs « compatriotes algériens ».

Reste aux militants de base de l’URK, du MAK, du RPK, du RCD et du FFS de se concerter pour dégager une charte qui rassemblera tous les courants politiques de la grande famille patriotique kabyle. Une charte qui garantira au peuple kabyle son droit à l’autodétermination loin des luttes stériles des éternels « zaïms » autoproclamés. Une charte qui permettra aux Kabyles de vivre dans un État souverain et laïc en diapason avec leur culture ancestrale et leurs aspirations modernistes.

Linda At-Wali