Les habitants de Voghni arrêtent un voleur de véhicule – La population se prend en charge

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Les populations, abandonnées à leur propre sort, tendent de plus en plus à se prendre en charge elles-mêmes en matière de sécurité. Les services de sécurité, omniprésents dans les quatre coins de la région, à telle enseigne que l’on est tenté de dire que la wilaya de Tizi-Ouzou est devenue une région garnison, n’interviennent plus. Leur mission ne consiste pas à la prise en charge du volet relatif au terrorisme, et ce n’est plus un secret pour personne. Elle est toute autre. Ce ne sont pas, en effet, les exemples qui manquent.

La population, qui fait face au banditisme et aux crimes organisés, est contrainte d’intervenir elle-même pour se protéger. Et les exemples ne manquent pas. Ce sursaut citoyen vient ne toute évidence combler un vide sensé être assuré par des services conçus pour assurer la sécurité des biens et des personnes. En effet, hier soir, trois individus originaires de la ville de Boudouaou, banlieue d’Alger, ont attaqué un citoyen du village Lassaker, dans la localité de Voghni, 45 au sud de Tizi-Ouzou. Ils voulaient le délester de son véhicule stationné devant sa demeure. Il n’a du son salut qu’à l’intervention courageuse des voisins qui ont été alertés par ses enfants. Les voleurs ont pris la poudre d’escampette et ont réussi à prendre la fuite à bord de leur véhicule.

D’autres villageois leur ont, plus loin, barré la route et ont réussi à arrêter l’un d’eux. Les deux autres ont abandonné leur véhicule et ont continué leur cavale à pied. Ils ont disparu à la faveur de la nuit. Tout le périmètre a été encerclé par d’autres villageois pour mettre la main sur les deux fugitifs. En vain. Ils ont certainement de la complicité dans la région et ils se sont cachés quelque part. Le voleur arrêté a balancé l’identité de ces deux complices, mais n’a soufflé aucun mot sur leur complice dans la région. Il a été remis à la gendarmerie nationale.

Une façon de leur signifier qu’ils ne font pas leur travail. Des cas similaires sont signalés presque chaque semaine en Kabylie. Mais la population civile ne pourra rien faire devant des organisations criminelles qui sont armées. Même leurs fusils de chasse sont confisqués depuis plus de 20 ans par la gendarmerie. La population est livrée à elle-même. Le banditisme se développe d’une manière inquiétante dans les localités du sud de Tizi-Ouzou. Les groupes de bandits ne sont guère inquiétés par la présence des services de sécurité.
Izem Irath