Lounaouci et Chemakh : « L’officialisation de tamazight est un leurre »

2

KABYLIE (TAMURT) – Les deux figures connues du combat identitaire amazigh et également universitaires Mouloud Lounaouci et Said Chemakh ont affirmé que la reconnaissance de tamazight comme langue officielle dans la Constitution algérienne de 2016, telle que formulée, constitue de la poudre aux yeux.

Pour ces deux grands militants du Mouvement Culturel Berbère, et si l’on se fie à cette Constitution, c’est l’arabe qui reste la langue officielle en Algérie car dans la Constitution de 2016, il est écrit que l’arabe reste la seule langue de l’Etat.

Mouloud Lounaouci et Said Chemakh, qui ont fait des interventions médiatiques à l’occasion de la célébration du jour de l’An Berbère Yennayer, ne semblent pas du tout convaincus, contrairement à pas mal d’autres analystes, que l’officialisation de tamazight dans la Constitution de 2016 signe une grande victoire du combat identitaire. Mouloud Lounaouci dira pour sa part qu’il s’agit de la poudre aux yeux. Mouloud Lounaouci déplorera le manque voire l’absence de volonté politique de la part des décideurs algériens concernant la prise en charge effective de la langue amazighe. Car, a estimé celui qui fut l’un des vingt-quatre détenus du printemps berbère de 1980, l’Etat algérien n’a jusque-là pas débloqué les budgets conséquents indispensables à un tel chantier grandiose. Le pouvoir algérien, s’il voulait vraiment et concrètement promouvoir la langue tamazight, aurait débloqué chaque année le double du budget qu’il attribue à la langue arabe afin que tamazight puisse rattraper le retard accumulé depuis 1962. Le même constat est largement partagé par Said Chemakh, docteur en linguistique berbère et professeur au département de langue et culture amazighes de l’université « Mouloud-Mammeri » de Tizi Ouzou. L’avenir nous dira si Mouloud Lounaouci et Said Chemakh ont raison.

Tarik Haddouche

2 COMMENTAIRES

  1. Il faut inverser le paradigme. On ne fait pas une integration à une constitution déjà prete. Une constitution c’est comme un enfant c’est une personnalité bien dèterminée elle nait par la subjectivité, son identité sa culture ses valeurs. Or la constitution est le fruit d’une convention sociale outre que la représentation par les textes( souvent non écrits comme la constitution anglo-saxonne) des valeurs. Jamais Un État n’ a le droit de statuer ce que doive être l’ identité d’ Un peuple, sauf s’ il est occupé, c’ est un droit existentiel qui précède l’ État et le DETRMINE. Un groupe social doit d’abord disposer de soi pour pouvoir écrire sa constitution.
    La constitution algérienne est arabe dans ses valeurs, son approche au droit, ses bornes ethiqués sont toutes verticalement liée à l’arabité islamité. On ne peut intégrer une constitution car les grèffes de peuples mènent à la schyzophrénie, c’est comme prétendre » reformer « le CITOYEN Norvegien pour en faire de lui un peu le Marocain. La subjectivité des peuples est à respecter telle qu’elle est sans quoi c’est faire du nazisme anthropologique. Là où la constitution algérienne dit que l’islam est source juridque la kabylité se veut laique et la source juridique est l’assemblée. L’islam ne codifie pas la société ni jamais été obligatoire. Que dire de la langue qui est le vecteur et trait d’union de l’archetype de tout peuple, la constitutionette algérienne impose quand meme l’arabe. En plus le triptyque arabité islamité amazighité( que Saadi et companie nous distillaient), est une hypocrisie. La question est pourquoi donc les turcs qui ont commandé les arabes meme à Jerusalème n’ont pas adopté le triptyque arabité islamité Turquité? Ni meme les Iraniens qui partagent des milliers de kms de frontières avec les araves vrais? On cache le fait que les agents du Caire qui dans un cinema et sous dictée de Nasser avaient écrite ce texte à la sauvette. Depuis c’est les militaires qui occupent le pays. On veut donc sauvegarder le fait accompli en intégrant les « recalcitrants » dans leur certitude. Ceci ne serait pas advenu si le FFS n’avait pas dédouané le régime en accordant et rejoignant au parloir illégitime qui est régimenté où les quotas sont la régle. édifiante la dernière acrobatie du régime quand on cadenasse les portes du « parlement » pour dégommer le Brizidan du parloir nommé par eux pour paradoxalement « constater » la vacance du pouvoir! bouteflika c’est plus que la vacance d’hiver…

  2. Les kabyles savent bien que le plus grand ennemi de la cause c’ le régime Algérien. Il n’y’a que les thuriféraires, genre Arezki Ferrad, stipendiés par le même régime a crier à la grande avancée et la grande victoiree. Réclamer à l’ét Algérien plus de budget est un non sens. Seul un état kabyle libre et indépendant peut assurer le développement et la promotion de la langue kabyle. Trois attributs primordiaux dont dispose la kabylie et qui sont entrain de disparaître : Une terre, un peuple, le sang, une langue (culture).

COMMENTER

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici