L’universitaire Said Chemakh
« Le pouvoir a officialisé tamazight parce qu’il a peur du MAK »

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Si le pouvoir algérien a concédé à reconnaitre tamazight comme langue  officielle dans l’actuelle constitution, ce n’est rien d’autre que parce qu’il a peur du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et de sa percée. C’est ce qu’a déclaré jeudi dernier l’universitaire (docteur d’Etat de l’INALCO de Paris) Said Chemakh lors d’une conférence-débat animée à la maison de la culture « Mouloud Mammeri » de Tizi-Wezzu.  

En plus de Said Chemakh, qui est également un ancien militant du Mouvement culturel berbère, MCB, la conférence a vu la participation des universitaires Allaoua Rabhi,  Mohand Akli Salhi et Ramdane Achour ainsi que Mhenna Boudinar, qui est président de l’association des enseignants de tamazight de la wilaya de Tizi-Wezzu. Said Chemakh a ajouté en indiquant que pour le pouvoir algérien, le MAK constitue une véritable bombe qu’il a tenté de désamorcer en faisant semblant d’accorder le statut de la langue officielle à tamazight alors qu’il y a quelques années, Bouteflika qui est toujours président jurait par tous les dieux que tamazight ne sera jamais langue officielle.

Said Chemakh a usé d’un langage très virulent envers le pouvoir algérien. Pour cet universitaire qui exerce au département de langue et culture amazighe de l’université « Mouloud Mammeri » de Tizi-Wezzu, l’officialisation de tamazight en Algérie n’est qu’un piège et un cadeau empoisonné. Et, selon lui, c’est l’expérience marocaine qui se répétera en Algérie, rappelant que tamazight est officielle depuis cinq ans au Maroc, mais concrètement on ne voit rien sur le terrain, absolument rien.

Said Chemakh a plaidé en outre pour un Etat kabyle, seule issue de salut pour affirmer pleinement notre langue, culture et identité. Il a dénoncé au passage le fait que dans la même constitution, et plus précisément dans le préambule, il est fait référence que l’Algérie « est une terre arabe ». De tout ce qui précède, il en découle que le combat pour tamazight n’est pas du tout terminé et il ne fait que commencer, selon Said Chemakh, qui a été très applaudi par l’assistance.

Lyès Medrati