Marches du vendredi : les Algériens exigent le départ de Gaid-Salah

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Alger, vendredi 26 avril 2019
Alger, vendredi 26 avril 2019

ALGERIE (TAMURT) – « Le seul « gaid », c’est le peuple », ont clamé les Algériens en ce dixième vendredi de la colère. Lors des marches qui ont eu lieu en ce dixième vendredi de la révolution pacifique en Algérie, entamée le 22 février dernier, une autre revendication qui risque d’empirer la crise a été brandie un peu partout.

Il s’agit de la revendication inhérente au départ de l’homme fort du moment dans le pays, à savoir le général Ahmed Gaid-Salah. Déjà que la pays souffre de l’absence de crédibilité de toutes les institutions algériennes civiles, on risque de se retrouver face à une situation plus grave dans la mesure où la population persiste dans son élan de rejet du premier responsable de l’armée algérienne. Malgré toutes le précautions prises par les relais de l’armée et de Gaid Salah, qu’ils soient médiatiques ou autres, en ce vendredi 26 avril, les mots d’ordre contre le chef d’état major de l’armée algérienne Ahmed Gaid-Salah ont fait tâche d’huile et se sont propagée comme une trainée de poudre partout au cours des dernières manifestations en Algérie.

Dans les villes de Kabylie et ailleurs, Gaid Salah a été pris à partie en ce dixième vendredi. Des banderoles où sont transcrits des mots d’ordre s’en prenant à Ahmed Gaid Salah ont foisonné de manière spectaculaire. Dans bien des cas, sur les banderoles déployées ce vendredi, Ahmed Gaid-Salah a été qualifié de « protecteur » de la bande de corrompus dirigée par Said Bouteflika, le frère de l’ex-président de la République Abdelaziz Bouteflika. Avec ce pas grave franchi concernant les exigences de la rue, trouver une solution à la crise politique en Algérie devient plus complexe voire impossible. Car si l’armée est discréditée aux yeux des Algériens, le pire est à appréhender. Car, il n’y aura plus ni institution ni personnalité crédible capable de superviser une éventuelle période de transition. A moins que l’armée consent à sacrifier le général des corps d’armée Ahmed Gaid-Salah.

Auquel cas, rien ne garantit que son successeur ne fera pas l’objet du même rejet de la part des Algériens. Le seul cordon ombilical qui n’était pas coupé entre le peuple et les institutions algériennes était l’ANP. Si ce dernier cordon ombilical venait à se rompre, l’Algérie fera un saut vers l’inconnu. Et la porte sera ouverte à toutes sortes de dérapages imaginables et inimaginables.

Tarik Haddouche

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