Mizrana : après plusieurs réclamations et correspondances adressées aux responsables locaux – Les habitants d’Ighil Imougual livrés à eux-même

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Après de multiples réclamations et démarches entreprise auprès des différents secteurs publics, dont on cite entre autre, les services de l’APC de Mizrana, les habitants d’Ighil Imougual, un bourg situé, à quelques kilomètres de la station balnéaire de Tigzirt sur mer, et à une trentaine de Kms au Nord-Est de la wilaya de Tizi-Ouzou, mènent toujours une vie des plus difficiles et ne cessent de dénoncer la sourde oreille des responsables locaux qui ne bougent pas le petit doigt pour mettre fin à ce véritable calvaire.

Il semble que ce ne sont pas des êtres humains qui y vivent mais plutôt des bêtes. En effet, Ighil Imougual est petit hameau, composé d’une quinzaine de foyers incrustés au milieu de la forêt Mizrana, au lieu dit Avridh N’Arvedh à la sortie Est du village de Tamazirt ourabah d’où il est détaché. Les villageois ne disposent ni de piste carrossable menant à leur logis, ni du réseau d’assainissement, ni du réseau AEP, et sont privés de tous les moyens nécessaires pour mener une vie normale. Peut-on imaginer une telle vie ? Peut-on réellement imaginer ou croire à un tel état de fait ? La question qui se pose : pourquoi les responsables à différents niveaux sont insoucieux et restent indifférents ? Et pourquoi, on nous appelle à les écouter pendant les campagnes électorales et se présenter le jour J au scrutin ? On se pose la question autrement, avons-nous réellement tort d’avoir voté pour tel ?! Cette fois ci, on ne s’exprimera pas. Nous a déclaré, furieux, un habitant d’Ighil Imougual. Avant d’enchaîner : « y’en a marre de toutes ces défaillances, si quelqu’un m’appelle pour aller voter le 10 mai, je l’em… comme il le faut, car on n’est pas des marionnettes à manipuler et on ne paie pas de notre chair à tous les prix. C’est de l’injustice, de la honte, c’est de l’irresponsabilité et c’est un crime».

Pour montrer toutes ces défaillances, on apprend que plusieurs correspondances ont été envoyées à ces responsables mais sont restées lettres mortes. Une copie a été remise à notre rédaction ; une correspondance suivie d’une pétition a été adressée il y a maintenant un bon moment au premier magistrat de l’assemblée populaire communale de Mizrana. En dépit de cela, elle n’a pas trouvé écho. Pourtant, les habitants de ce paisible bourg ont rédigé cette correspondance avec soin et étaient explicites concernant la situation des plus difficiles qu’ils mènent, surtout en période hivernale où ils s’enlisent dans la gadoue et la boue qui se forment au niveau des chaussée pénalisant hommes, femmes , et même les écoliers qui rejoignent les bancs d’école. Cette missive comporte une plate forme de revendications incluant pas moins de quatre points nécessaires qui leur permettra une fois satisfaite, de les rassurer et de mener une vie des plus ordinaires. En effet, ils demandent à travers cette lettre, le réaménagement et le bétonnage de l’accès menant à leurs logis, le branchement des nouvelles bâtisses à l’électricité rurale, la mise en place d’un réseau d’assainissement et leur alimentation en eau potable. Car la situation s’empire de plus en plus et dévoile les défauts et négligences de ceux qui nous gouvernent et qui ne cessent de s’autoproclamer meilleurs et irréprochables.

On apprend également par l’intermédiaire des membres de la délégation qui s’est rendue à l’administration communale, que quelques éclaircissements leur ont été apportés. A titre d’exemple, les travaux de réaménagement et bétonnage seront lancés dans un mois. Concernant, le branchement au réseau de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement, cela peut prendre du temps car les projets sont à inscrire dans les projets de développements communaux. Par ailleurs, les habitants d’Ighil Imougual insistent beaucoup sur ces trois points restants qu’ils jugent primordiaux pour une vie sans aléas. Pour s’alimenter en eau potable, les habitants de ce bourg sont contraints à faire le parcours du combattant pour chercher le liquide précieux, ou parfois se trouvent obligés de débourser 1200 DA pour la location d’une citerne tractable. Les habitants font aussi des mains et des pieds pour s’approvisionner dans les puits que les possesseurs mettent à leur disposition. Pour l’acheminement ou la canalisation des eaux usées ou d’égouts, ils recourent au creusage et forages des fosses. Pour l’électricité, ils font des branchements illicites et illégaux encourant de ce fait un risque sérieux.

Les habitants de cette bourgade, s’ils ont pris leur mal en patience jusque là, espèrent que leur doléances trouveraient écho auprès des responsables, mais sont déterminés à aller jusqu’au bout dans le cas contraire, et promettent de procéder à d’autres actions sur le terrain même si cela devait déplaire à ces petits gouverneurs qui se vantent d’être à la hauteur et à l’écoute de leur citoyens.