Naima Salhi : « Matoub Lounès est une création du pouvoir »

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Naïma-Salhi
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KABYLIE (Tamurt) – Il est tout à fait clair que l’objectif de la députée et islamiste Naima Salhi consiste à enflammer la Kabylie et à mettre cette région à feu et à sang. Le fait de choisir Matoub Lounès pour s’en prendre aux kabyles ne peut être le fruit du hasard. Naima Salhi est-elle manipulée par un clan visant à mettre le feu aux poudres en Kabylie ?

En effet, la dernière sortie médiatique de la députée Naima Salhi a été une autre occasion pour cette dernière pour s’attaquer (encore une fois) au rebelle Matoub mais cette fois-ci en « innovant ». En effet, Naima Salhi n’a pas hésité à franchir le Rubicond en déclarant ou plus exactement en croyant révéler que Matoub Lounès était une « fabrication » du pouvoir algérien. Il s’agit sans doute du même pouvoir qui n’a pas su protéger le rebelle ni lors de son kidnapping en 1994 ni lors de son assassinat en 1998. Le même pouvoir qui emploie un gendarme auteur d’une tentative d’assassinat sur Matoub en 1988. Le même pouvoir qui a censuré Matoub Lounès pendant toute sa carrière lui interdisant l’accès à tous les médias audiovisuels, audio et écrits de l’époque. Naima Salhi s’acharne toujours sur la Kabylie en choisissant cette fois-ci de s’en prendre à son symbole suprême. Naima Salhi a tout l’air d’être en mission puisque le choix de Matoub ne peut guère être fortuit.

Ceux qui manipulent Naima Sakhi dans l’ombre savent pertinemment qu’en visant Matoub, les « chances » sont plus élevées de voir les kabyles se soulever pour régler leurs comptes, le rebelle étant l’homme le plus populaire et le plus estimé de la Kabylie. Mais les kabyles ne se soulèveront pas pour ne pas faire plaisir à cette pyromane et ignare d’un autre âge. Si ce n’était pas le cas, elle aurait pu au moins pu prendre connaissance de l’œuvre musicale et poétique de Matoub Lounès afin de constater qu’un talent aussi extraordinaire et phénoménal ne se fabrique pas. En plus, du premier au dernier album, Matoub n’a pas cessé de critiquer et de dénoncer les dépassements du régime du parti unique avec une rare virulence et un courage téméraire.

Le pouvoir algérien était-il à ce point « fou » pour fabriquer un artiste aussi géant que Matoub Lounès ? Naima Salhi a une logique à part : celle propre à l’école fondamentale arabo-islamique algérienne. Cette même école que ne cessait de dénoncer Matoub Lounès de son vivant et qui a donné des monstres à n’en pas en finir.

Tarik Haddouche