Nous condamnons l’offre par les États-Unis de récompenses pour l’élimination des combattants kurdes de la liberté

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Combattants kurdes de la liberté
Combattants kurdes de la liberté

KURDISTANT (Tamurt) – Le 6 novembre 2018, Matthew Palmer, sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires européennes et eurasiennes, a annoncé, lors d’une rencontre avec des représentants du gouvernement turc, que le programme Rewards for Justice du Département d’État américain ciblait trois membres éminents du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Murat Karayilan, Cemil Bayik et Duran Kalkan, offrant « des récompenses pour des informations permettant d’identifier ou de localiser ces personnes ».

Nous condamnons cette décision inique dont l’objectif est de donner à la Turquie une plus grande latitude pour poursuivre ses atrocités contre le peuple kurde, souvent avec des armes sophistiquées et le renseignement militaire de l’OTAN.

La guerre actuelle plonge ses racines dans le Traité de Lausanne de 1923, avec la fondation de l’Etat turc qui a immédiatement mené une guerre contre le peuple kurde et d’autres peuples autochtones de la région afin d’affirmer son nationalisme exclusif.

Les moyens utilisés par l’État turc vont du terrorisme parrainé par l’État au déni des droits fondamentaux, tels que les libertés d’association et d’expression, en passant par la destruction des identités autres que turques. Au cours de toutes ces décennies d’oppression, le Mouvement de Libération du Kurdistan n’a utilisé que des formes minimales de résistance, la légitime défense, des actions pacifiques et politiques.

Murat Karayilan, Cemil Bayik et Duran Kalkan sont des militants politiques qui se sont battus et continuent à se battre contre le fascisme turc, contre Daesh et contre le totalitarisme d’Erdogan. Le PKK ne se bat pas seulement contre Daesh, il travaille aussi à créer un Moyen-Orient basé sur la fraternité entre les peuples qui y vivent : Arabes, Kurdes, Syriaques, Arméniens, Circassiens, Persans, Turcs. Le PKK, c’est des milliers de personnes éprises de liberté travaillant sans relâche pour la paix et pour la mise en œuvre d’un nouveau système de gouvernance fondé sur la démocratie directe.

Le PKK a toujours favorisé un règlement politique et pacifique de la question kurde et appelé à une médiation des États-Unis, de l’Union européenne et des Nations Unies afin d’ouvrir un processus de dialogue constructif avec l’État turc. En mars 2013, son leader Abdullah Ocalan a annoncé, depuis sa prison, un processus de paix et de réconciliation qui a mis fin aux hostilités et fait naître beaucoup d’espoirs. Mais en juin 2015, Erdogan a brutalement mis fin à ce processus, en reprenant la guerre.

Le programme Rewards for Justice rend les États-Unis complices des atrocités et des génocides commis par la Turquie contre les kurdes, les Arméniens, les Assyro-chaldéens, les Alévis, les Yézidis. Il est contraire aux valeurs, telles que la liberté et la démocratie professées par les États-Unis. Quels que soient les motivations géopolitiques et économiques de ce programme, il est inadmissible !

La présence du PKK sur la liste des organisations terroristes des États-Unis et de l’Union européenne est due uniquement aux pressions exercées par la Turquie. Il semble qu’Erdogan soit en position d’influencer les gouvernements pour qu’ils continuent à inscrire le PKK sur cette liste noire. Cela lui permet de poursuivre sa guerre immonde en prétextant la lutte contre le terrorisme.

Nous demandons aux Etat-Unis de revenir immédiatement sur leurs offres de récompenses concernant les dirigeants kurdes !

Nous exigeons le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes !