Nouveau sit-in aujourd’hui des gardes communaux devant la wilaya

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Une semaine après leur manifestation à l’intérieur de la cour de la wilaya de Tizi-Ouzou pour faire valoir leurs droits, les gardes communaux ont tenu encore aujourd’hui pour les mêmes motifs un deuxième sit-in. Cependant, les manifestants ont effectué leur rassemblement devant le portail de l’institution puisque les responsables concernés leur ont interdit l’accès à l’intérieur comme ce fut le cas la première fois. Pire encore, ces hommes chargés de mener une lutte contre le terrorisme au moment où celui-ci battait son plein n’ont même pu prendre langue avec les responsables de la wilaya. C’est carrément une fin de non-recevoir qui leur a été signifiée avec cependant un mépris à la limite de l’insupportable.

En effet, la différence est de taille entre dire à voix haute son intention de ne pas le recevoir et lui fermer la porte au nez en l’ignorant complètement. Toutefois, les manifestants sont loin du découragement puisque non seulement ils ont continué à observer leur sit-in mais ont aussi fait le serment de ne pas abandonner la partie. Autrement dit, ils ne cesseront l’action revendicative qu’à la satisfaction de leur plate-forme de revendications contenant, rappelons-le, pas moins de 12 points.

Par ailleurs, il est à rappeler que lors de la création de ce corps de sécurité, le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, alors chef de gouvernement, l’a glorifié. Ses nombreux dithyrambes à l’endroit des gardes communaux étaient dignes des chantres et laudateurs professionnels du moyen-âge. Aujourd’hui, le même responsable Ahmed  Ouyahia) ne pipe mot sur le sort de ces malheureux agents de sécurité. Il est vrai aujourd’hui que le terrorisme a changé de forme et de tactique. Mais est-ce une raison du « crach » de cette façon sur ces gardes communaux. Un tel mépris de la part des gouvernants n’est ni plus ni moins que de l’humiliation.

Et à analyser plus profondément le comportement de l’État algérien vis-à-vis de ceux qui ont combattu le terrorisme, il ressortirait que le terrorisme islamiste est réhabilité et du coup ses adversaires sont condamnés. Il est connu qu’à la fin de chaque conflit, le vainqueur est considéré comme un héros et un justicier alors que le vaincu est vu comme un traître. Même le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, l’a si bien dit et expliqué dans un passé tout récent:  « Le bon et le mauvais sont désignés et identifiés à la fin du conflit », a-t-il souvent dit. Serait-ce alors la victoire politique des terroristes islamistes. Tout laisse à croire que l’État algérien tranche pour cette conclusion.

En effet, un terroriste repenti reçoit une enveloppe financière de pas moins de 450 millions de centimes, et ce, dès les premiers moments suivant la mise au râtelier de son arme. Quelques jours plus tard, d’autres avantages lui sont octroyés comme un local commercial, la facilité pour les crédits bancaires, l’accès facile aux différents services administratifs, etc. De telles aides et reconnaissances ne sont pas accordées aux éléments des services de sécurité. Un militaire, un gendarme, un policier, un garde communal ou un patriote blessé par des terroristes rencontrent toutes sortes de difficultés à se faire reconnaître comme tels et, surtout, à percevoir leurs pensions d’invalides.

L’État algérien applique donc la loi des animaux sauvages. Un élément d’une famille donnée est rejeté par les siens (le reste de la troupe) s’il est blessé. Dans le monde animal, il n’y a de place que pour les plus forts, et ce, dans l’unique but de perpétuer l’espèce et la famille. Cependant, les animaux agissent par instinct et non par intelligence, ce qui les différencient des hommes. Continuer donc à ignorer celles et ceux qui ont combattu le terrorisme pour sauver ce pays équivaut à mettre sur le même pied d’égalité l’animal et l’homme.