Pris à parti par les arabes : 4 enseignants kabyles victimes de racisme à Adrar

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SOCIÉTÉ (Tamurt) – Le racisme envers les Kabyles a dépassé le seuil de tolérance en Algérie ces derniers temps. Le conflit entre Mouzabites et arabes à Ghardaïa a amplifié la xénophobie que subissent les ressortissants kabyles en Algérie, notamment dans les villes du Sud.

Cette semaine, quatre enseignants kabyles qui enseignent le Français dans un lycée à la ville d’Adrar, dont une jeune femme, ont du quitter précipitamment cette ville et renter en Kabylie. Les quatre Kabyles, menacés de mort par les arabes d’Adrar, ont quitté la ville la nuit. Ils ont du leur salut à des Touaregs qui les ont hébergés et sauvés de la vindicte et le lynchage des arabes.

Les quatre jeunes enseignants kabyles ont été affectés par le ministère de l’éducation vers la ville d’Adar, vu le manque d’enseignants de langues française et anglaise dans les régions du sud algérien. Un mois après cette affectation, les quatre enseignants kabyles ont vu le débuts problèmes. Certains parents d’élèves ont refusé que leurs enfants assistent aux cours des « Kabyles », sous le motif qu’ils sont des mécréants. Des pressions terribles ont été exercées sur ces enseignants.

En plus des menaces proférées contre eux par les élèves, les autres enseignants ne leur adressaient même pas la parole. L’un d’eux a confié à Tamurt-info qu’ils ont tout laissé derrière eux avant de partir. Des voyous de la ville d’Adrar et probablement des salafistes sont à leur recherche. «Nous avons pris la fuite vers le quartier Touaregs où les arabes n’osent pas pénétrer. C’est eux qui nous ont sauvé et qui nous ont hébergé durant trois jours. Dans l’impossibilité de récupérer nos bagages au lycée, nous avons été transportés jusqu’à la ville de Ghardaïa par un Targui et nous sommes rentrés définitivement chez nous en Kabylie et on ne mettra plus jamais les pieds dans cette région. Les Touaregs sont les amis des Kabyles», nous déclara Samir de la région d’Azeffoun.

« Nous étions traités de juifs et de renégats à Adrar », ajouta Samir qui n’est pas prêt d’oublier la mésaventure qu’il a vécu à Adrar, lui qui espérait tant une belle carrière d’enseignant.

Nassim N