Rachid Boudjedra qualifie Liberté de journal très médiocre

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Rachid Boudjedra

ALGERIE (Tamurt) – C’est encore une nouvelle sortie surprenante que vient de signer le romancier Rachid Boudjedra en s’en prenant cette fois-ci au journal Liberté mais aussi à son propriétaire Issad Rebrab.

Rachid Boudjedra n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur le quotidien Liberté qu’il qualifie de journal dont le niveau est très médiocre. La sortie de Rachid Boudjedra a trait à l’échec de l’entreprise d’achat du journal arabophone El Khabar, échec dont se réjouit l’auteur de la Répudiation.  » C’est pourquoi : Bravo El Khabar ! J’avais déjà écrit un article à ce sujet, au mois de mai en affirmant ma certitude que mes amis d’El Khabar ne se feront pas avoir par un richard qui possède déjà un quotidien en langue française dont le niveau est très médiocre. Et puisque cet homme veut acheter toute la presse algérienne, qu’il commence par améliorer le journal qu’il possède déjà ! ». Rachid Boudjedra, dans cette sortie médiatique, semble vouloir s’en prendre plus à Issad Rebrab qu’au journal Liberté dont Rebrab est le propriétaire.

Dans cette attaque, Liberté n’est qu’une victime collatérale car il n’y a vraiment pas de disparité dans les niveaux des deux quotidiens El Khabar et Liberté et Rachid Boudjedra doit être loin d’ignorer cette réalité puisque d’après ses écrits, il est un très grand lecteur de la presse algérienne.  D’ailleurs, dans ce énième acharnement, le texte de l’auteur de Fascination, a des relents de règlements de compte. Quand il évoque la transaction commerciale avortée d’El Khabar, il l’a qualifiée de malhonnête. Et il va jusqu’à dire qu’il a été soulagé quand il a su, qu’en fin de compte, El Khabar n’appartiendra pas à Rebrab. Et d’ajouter :  » Puisque cet homme veut acheter toute la presse algérienne, qu’il commence par améliorer le journal qu’il possède déjà ! ». Il va jusqu’à parler à la place des autres en disant : « Je crois qu’aujourd’hui, de nombreux démocrates sont, eux aussi, soulagés d’apprendre cette bonne nouvelle ». Or parmi ces « démocrates », certains sont des amis politiques de Boudjedra et ils ont soutenu Rebrab dans cet achat en prenant part aux rassemblements de protestation ayant eu lieu devant le tribunal lors des procès de cette affaire.

On peut juste citer deux noms : Louisa Hanoune et Khalida Toumi avec lesquels Boudjedra avait signé la fameuse lettre des dix-neuf à Bouteflika le 1 er novembre 2015 et que le même journal Liberté  a largement surmédiatisée. Il s’agit là de positions étranges de la part d’un écrivain dont le talent n’autorise pas  autant d’attitudes versatiles. Mais insistons toutefois sur notre point de vue qu’il s’agit vraiment d’un règlement de compte entre Boudjedra et Rebrab. Encore une preuve, cette chute du texte aux relents revanchards : « El Khabar à la Rebrab serait devenu un torchon pour les histoires de crimes, les scandales conjugaux, les enlèvements d’enfants et les… chiens écrasés. D’autant plus qu’on a vu dans plusieurs pays dont les journaux prestigieux ont été cédés au gros capital ont fini par disparaître. Si cet homme avait gagné, il aurait immédiatement et tout d’abord, licencié la moitié des employés du journal car les affairistes n’ont pas d’âme ! ».

Tahar Khellaf