Rebrab, Abane, Amirouche, Krim… méritent-ils leurs sorts?

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Rebrab
Rebrab

CONTRIBUTION (TAMURT) – Aujourd’hui, on connait tous le rôle joué par les Kabyles dans la libération de l’Algérie du colonialisme français. Ait Ahmed dans son livre Mémoire d’un combattant a écrit,  » Après avril 1946, je participai aux réunions du Bureau national d’organisation en tant que représentant de la Kabylie, et c’est seulement alors que je découvrirai que sur les quelques 14000 adhérents du parti il y en avait plus de 10000 en Kabylie, sans compter les sympathisants ».

Abane, l’architecte du congrès de la Soummam, la véritable ossature de la révolution et de l’instauration de l’Etat algérien fut exécuté par strangulation avec un fil de fer,  à Tétouan au Maroc en 1956, par les éléments du MALG algérien. Krim Belkacem dont le rôle a été déterminant dans le déclenchement de la guerre de libération et dans les accords d’Evian a eu une fin atroce. Il a été étranglé dans un hôtel en Allemagne, en 1970, par le pouvoir algérien. Amirouche, le lion des montagnes, qui a mené la guerre contre l’armée française dans les quatre coins de l’Algérie, a été vendu à l’armée française par les Algériens Boussouf et Boumediène.

Ces trois hommes originaires de Kabylie se sont opposés farouchement à leur frères berbéristes. Ils ont ordonné l’élimination des berbéristes comme Bennai Ouali, Mbarek Ait Menguellet, Amar Ould Hammouda pour plaire aux arabes algériens. En retour, l’Algérie les a bien remerciés comme l’a dit Bennai Ouali à Abane « en creusant ma tombe, c’est la tienne que tu creuses aussi ».

L’histoire se répète, depuis l’indépendance. Les Kabyles, qui occupent des postes importants, deviennent soit des kabyles de services ou bien, dans le meilleur des cas, des algériens neutres qui ne défendent pas la Kabylie. C’est le cas d’Isaad Rebrab qui pour ne pas apparaitre régionaliste et pour prouver son amour pour l’Algérie, n’a rien fait pour la culture kabyle. Il n’a pas osé utiliser sa langue maternelle sur ses produits manufacturés qu’il fabrique. Il n’a pas investi à Tizi. Il n’a pas créé de chaîne de télévision ou de journaux en kabyle. Pourtant il a beaucoup de moyens. S’il avait donné des moyens pour défendre et promouvoir sa langue maternelle, il aurait été plus respecté et plus considéré par ses ennemis du pouvoir algérien. Le seul investissement qu’il a fait en Kabylie c’est Cevital à Bgayet pour profiter de la proximité du port et d’une main d’œuvre compétente et sérieuse.

Issad Rebrab s’est investi corps et âme pour le développement économique et industriel de l’Algérie, en créant des emplois et des richesses et en y investissant toujours plus d’argent. Il emploie plus de 18 000 algériens. C’est un homme honnête doublé d’une grand qualité humaine, il n’a pas acquis sa fortune par la spéculation immobilière ou par le trafic d’influence avec les corrompus du pouvoir.

Cette Algérie qu’il aime tant, vient de lui renvoyer l’ascenseur comme elle a l’habitude de faire avec les Kabyles en l’accusant de fraude fiscale et douanière ainsi que de malversation, il a été arrêté le 22 avril 2019 et emprisonné à la prison d’El Harrache, il est traité comme un vulgaire voleur ou criminel, il a été montré sur les télés algériennes Echourouk et Ennahar menotté dans le fourgon de la police, c’est une grande humiliation pour un grand industriel reconnu et respecté dans le monde entier.

Tous ces hommes kabyles qui se sacrifient pour l’Algérie arabe au détriment de leur patrie la Kabylie doivent réfléchir et doivent se poser les bonnes questions. Tourner le dos à sa patrie et à son peuple ou bien s’allier à l’ennemi contre les siens finira par se payer tôt ou tard.

Trois jours après son arrestation, le 25 avril 2019, un élan de solidarité kabyle s’est fait par une grande marche de soutien pour lui à Tizi, réclamant sa libération immédiate et sans condition, parce que premièrement c’est l’enfant du pays qui a subit une injustice de la part du pouvoir algérien anti-Kabyle, deuxièmement ses investissements de Cevital emploient de nombreux kabyles, troisièmement tous les Kabyles savent qu’il est honnête.

Espérons que son cas serve de leçon à tous les Kabyles. Celui qui veut faire du bien à l’Algérie doit commencer par le faire pour sa Kabylie.
Comme dit le proverbe kabyle « Win yebɣan lewqam, ad yezwir seg at wexxam ».

Yuva DAHDAH