Regrettables propos tenus par Mohamed Lakhdar Maouguel à l’endroit de Mouloud Mammeri

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Abdennour Abdesselam
Abdennour Abdesselam

ALGERIE (TAMURT) – Alors que l’actualité est dominée par l’espoir de voir se réaliser de grands et profonds changements politiques dans notre pays dont le sort se joue sur une corde raide on s’attendait à ce que la pensée scientifique se devait d’accompagner, d’étayer et de consolider les revendications de la dynamique populaire, certaines voix hélas semblent préférer plutôt faire dans une forme de diversion mal assumée.

En effet ce samedi 04 mai et lors d’un café littéraire organisé au restaurant Aminel sis au 7 boulevard Stiti à Tizi Ouzou, Mohamed Lakhdar Maouguel s’est obstiné à désillusionner le public en déconsidérant une fois de plus les travaux anthropologiques réalisés durant plus de 40 années par l’éminent universitaire, écrivain et chercheur Mouloud Mammeri.

Déjà en 2017 une table ronde organisée à Tawrirt Moqrane dans la daira de Larbaa Nait Iraten et à laquelle j’ai participé en tant que communicateur, Mohamed Lakhdar Maouguel s’était distingué par son intervention qui a porté sur ce qu’il a appelé : « la déconstruction du mythe Mouloud Mammeri » allant jusqu’à lui dénier la qualité de chercheur en anthropologie sociale et culturelle. Je l’ai alors explicitement interpelé en lui apportant la contradiction. Curieusement voila qu’il récidive aujourd’hui avec le même dénie dans sa nouvelle communication étrangement intitulée « Mammeri le mythocide ». Le terme même de « mythocide » que Maouguel a appliqué imprudemment à Mouloud Mammeri n’existe pas dans le dictionnaire de langue française et l’on se demande sur quels instruments étymologiques c’est-il évertué à le construire. Il a certainement usé des syllabes « mythe» et « cide » et le connecteur « o »faignant ignorer que dans la culture grecque la syllabe « mythe » prend son envolée dans ce qu’elle attribue comme parabole à la grandeur de la pensée humaine et que la seconde produit une connotation dégradante. Cette succession d’interventions aussi agressives que désobligeantes mais surtout incompréhensibles venant d’un homme de science est de nature à nous permettre de douter qu’il maitrise nivellement le sens que la grammaire française donne à la famille des mots qui se terminent en « cide » comme : Homicide ; Ethnocide ; Infanticide, Fratricide, Liberticide, Suicide etc.

Ces mots évoquent tous les notions macabres d’anéantissement, de dévastation, de saccage, de mort et que sais-je encore. Pour Maouguel Mammeri a fait dans le surhumain et l’imaginaire dans tout ce qui se rapporte aux valeurs de l’amazighité. Des valeurs qui semblent le déranger dans son aventure désespérante d’intellectuel. Il s’est donc spécialisé dans l’usage de la mystification et l’abus qu’il fait de la personnalité même de Mammeri en s’accordant un malin plaisir à donner une fausse idée du symbole de l’amazighité qu’il est. La réhabilitation du fait amazigh nous la lui devons tous. L’intervention de Maouguel en ce samedi dernier dévoile si besoin est clairement un acharnement inexpliqué et inexplicable à s’attaquer encore une fois à son ainé écrivain et chercheur auteur d’ouvrages traitant de l’anthropologie sociale et culturelle au demeurant mondialement connus.

Avec cet acharnement qui ne dit pas son nom les conclusions de Maouguel ne sont plus un mystère. Il utilise la mystique comme ruse derrière laquelle il se veut détenir le monopole qu’il s’est toujours arrogé : celui de l’aptitude à critiquer des analyses d’auteurs du domaine des sciences humaines. En cela, il gagnerait plutôt à faire l’effort de gravir les compréhensions qui mènent justement à la maitrise de l’anthropologie science qui étudie les rapports sociaux et culturels des groupes humains. Qu’il sache qu’un poème est déjà un sujet d’ouverture sur d’anthropologie et que les poètes sont reconnus comme étant les annonciateurs de celle-ci.

Abdennour Abdesselam
kocilnour@yahoo.fr