Rôle de la Kabylie dans la renaissance identitaire amazighe. Que réserve l’avenir?

0
Mini Colloque a Montreal sur l'avenir de la Kabylie1
Mini Colloque à Montreal sur l'avenir de la Kabylie

CANADA (TAMURT) – Si on assiste aujourd’hui à la renaissance identitaire amazighe, c’est grâce essentiellement au combat etles travaux de certains symboles de la cause depuis plus d’un siècle, notamment SaidBoulifa, Imache Amar, Belaid At Ali, BenaiOuali, Mouloud Mammeri, BessaoudMuhandArab et plusieurs autres personnalités du monde politique, littéraire, artistique et culturel.

Par ailleurs, l’événement le plus déterminant qui a permis à Tamazgha d’émerger est le printemps berbère d’Avril 80 en Kabylie provoqué par l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri sur lespoèmes kabyles anciens. Cette interdiction a été le déclencheur du mouvement 80 qui est connu aujourd’hui comme le Printemps Amazigh. Ce mouvement historiquea imposé Tamazight comme un repère retrouvé après des siècles de déni, à travers toute l’Afrique du Nord.

Le mouvement enclenché depuis le 22 février 2019 en Algérie pour demander le départ du système est la résultante de toute une dynamique et combat mené par les militants de la cause amazighe depuis les années 1970. Ces militants provenant en très grande majorité de la Kabylie ont lutté sans relâche, souvent au péril de leur vie, contre la dictature imposée par le régime d’Alger dès l’indépendance du pays en 1962. La revendication identitaire s’est alors imposée comme un repère pour tous les combats qui ont suivi; celui pour la démocratie, des droits de la personne, de la lutte contre l’intégrisme et tous les combats contre l’oppression et la régression.

Après son printemps amazigh, la Kabylie a connu son printemps noir qui est survenu après toutes les souffrances qu’elle a endurées durant la décennie noire. Les massacres du printemps noir de 2001 ont été un tournant historique pour la Kabylie. Le pouvoir algérien a assassiné près de 130 jeunes Kabyles et a causé des handicapes et des blessures
à vie. Ce crime d’État a poussé une certaine élite à créer le MAK (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie) devenu une décennie plus tard le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie. Bien longtemps plus tard, d’autres organisations kabyles souverainistes ont vu le jour. Il s’agit des autonomistes du Rassemblement Pour la Kabylie (RPK) ou des indépendantistes de l’Union pour la République Kabyle (URK)créée par d’anciens militants du MAK.

La Kabylie, forte de cette pluralité politiquequi la caractérise, localement avec le MAK, le RPK et l’URK et sur la scène algérienneavec notamment le FFS et le RCD, est aujourd’hui à la croisée des chemins. Elle estloin d’être indifférente face au mouvement révolutionnaire mené actuellement par les Algériens pour refonder l’État algérien. Au contraire, elle s’implique de tout son poids avec une double dimension identitaire et politique. Deux questions méritent d’être posées aujourd’hui quant aux retombées de la refonte de l’État algérien sur la Kabylie, à la fois du point de vue identitaire et politique :
1. Quelle place pour la Kabylie dans une Algérie libérée d’un système installé depuis 1962?
2. Quel système de gouvernance qui pourrait permettre à la Kabylie d’appliquer sa propre vision de soi-même et du monde dans tous les domaines?
L’objectif de cette rencontre à caractère académique, initiée par l’Association des Amis de TQ5 (une TV kabyle basée à Montréal),est de rassembler dans une enceinte universitaire à Montréal des représentants de divers courants de pensée politique, mais aussi d’acteurs apolitiques kabyles œuvrant dans les domaines académique, scientifique, technologique et audiovisuel. Le but est de nous faire connaitre la vision des uns et des autresquantaux défis qui attendent la Kabylie.
Le programme est riche en nombre de thématiques abordées par divers intervenants où chacun, dans un laps de temps ne dépassant pas 10 min, apporte sa propre réponse selon son domaine d’expertise. Un débat avec le public suivra pour apporter des éclairages sur les sujets à aborder que sont :

Intervenant:

Ali Haouchine: Décentralisation versus concentration dans la gestion des régions
Amar Nessah: Projet d’indépendance de la Kabylie
Faouzi Chelibane: Passage de l’enseignement du kabyle à l’enseignement en kabyle
Farida Zerar: La laïcité à l’heure kabyle
Hocine Toulait: La portée sociolinguistique et écolinguistique du recouvrement identitaire.
Kamel Amari: Quels référents et système de gouvernance pour Tamazight dans une Algérie plurielle? Cas de la plateforme de la Soummam.¬¬
Kamel Khidas: La langue kabyle et le savoir scientifique et technologique : Statut et perspectives.
Karim Achab: De la nécessité d’un état kabyle souverain pour la survie de la langue, l’identité et la culture kabyles.
Mahmoud Cherbi: La Kabylie face à son destin
Malika At Amer: La littérature kabyle à travers les siècles : Bilan et perspectives.
Mohamed Dellah: La Kabylie et les attendus des évènements en Algérie
Muhand Belkacem: Langue kabyle et le monde numérique : Localisation des outils, corpus et NLP (Natural LanguageProcessing)
Omar Kerdja: Enseigner l’histoire en langue maternelle
Rabah Arkam: Préserver l’identité kabyle et son pouvoir d’organisation autonome, dans un projet fédéral en Algérie
Rachid Beguenane: Le prix du sacerdoce des militants kabyles pour leur identité en l’absence d’un État qui en assumerait le fardeau.
Sadek Hached: L’apport de l’audiovisuel pour le développement de la langue et la culture