Son premier secrétaire s’est attaqué au MAK Pourquoi le FFS a peur du MAK ?

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KABYLIE (Tamurt) – Ce n’est pas la première fois, ici même à Tizi Ouzou, que le premier secrétaire du Front des forces socialistes  (FFS)  s’attaque, avec virulence, au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). Samedi dernier, Mohamed Nebbou, chef actuel du FFS,  n’a pas hésité à tirer encore à boulets rouges sur les autonomistes et sur le MAK.

Pourtant, l’occasion ne s’y prêtait guère puisqu’il s’agissait plutôt d’un congrès régional de cette formation politique. Ce n’était pas non plus la réponse à une question sur le MAK qui aurait été posée lors d’un débat. Les attaques de Mohamed Nebbou contre le MAK étaient incluses dans le discours même, officiel et non pas improvisé, lu à l’ouverture des travaux du congrès de wilaya du FFS.

Mohamed Nebbou a ainsi affirmé qu’ils (les militants du FFS) allaient « continuer à opposer le patriotisme et la démocratie aux partisans de la division et aux prêcheurs de la fragmentation et du morcellement  des Etats ». La question légitime qui se pose est : comment se fait-il que dans son discours, Mohamed Nebbou plaide pour la liberté d’expression, pour la démocratie et un état de droit et en  même temps, contradiction suprême, il s’érige en donneur de leçons et interdit à des » Algériens » d’avoir une autre opinion que lui et un autre projet politique que le sien ?

Les sorties répétées de Mohamed Nebbou contre le MAK s’expliquent d’abord par le fait que le MAK soit devenu la première force politique en Kabylie. D’ailleurs, les marches du MAK sont depuis quelques temps les seules qui drainent les grandes foules dans toutes les régions de Kabylie. Quand on sait à quel point le FFS a reculé dans la région (et c’est là un secret de polichinelle), rien d’étonnant donc à ce que la percée du MAK fasse peur à Nebbou.

A moins que ce dernier soit chargé par une quelconque officine de s’en prendre à un Mouvement dont les valeurs sont pourtant la liberté absolue de choix dans le cadre des valeurs universelles de la modernité et de l’émancipation. Si seulement Nebbou avait le courage, en s’attaquant au MAK, de le citer nommément !

Lyès Medrati