Tensions entre les délégués (et anciens délégués) des Archs – L’heure est grave à Tizi-Ouzou

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Il semble fort bien effectivement que le moment soit venu pour le règlement de comptes laissés en suspens depuis l’intervention d’Ahmed Ouyahia, alors chef du gouvernement, pour la mise à mort du mouvement protestataire kabyle né des événements sanglants du printemps 2001.

La colère et la rancune des uns à l’endroit des autres ont pris naissance au moment où ces derniers – selon des reproches et des accusations qu’on a fait peser sur eux – ont obtenu des avantages matériels considérables, et ce, au détriment de la majorité et contraires au code et la charte d’honneur élaborés en 2001.

Selon des sources proches du mouvement citoyen, plusieurs réunions ont été tenues à Tizi-Ouzou par des délégués citadins et ruraux sur les voies et moyens à adopter dans le cadre d’un correctif à apporter « aux errements » de certains délégués.

L’heure est grave à Tizi-Ouzou, car il semble que le choix définitif sur ce correctif jugé « indispensable » est porté sur l’action musclée. Nos sources indiquent que certains biens immobiliers mal acquis constitueraient la cible des mécontents et « des justiciers ». Point n’est besoin d’être Jeremy pour deviner que cela entraînerait inévitablement des affrontements physiques entre les groupes belligérants.

Jusque-là, faute de preuves tangibles, il est mal aisé d’accuser qui que ce soit d’avoir bénéficié des largesses du pouvoir. Ce qui est certain en revanche, c’est que des individus sont devenus depuis 2001 immensément riches. Et, en sus de cette prospérité matérielle, ils sont devenus « des notables et des dignitaires » consultés et sollicités par des personnages des hautes sphères sur des dossiers sensibles. Un tel statut n’est pas du goût de leurs anciens compagnons de combat qui, eux, bien que n’ayant pas certains de leurs biens, n’ont pas vu non plus leur situation améliorée.

La situation est donc loin d’être reluisante à Tizi-Ouzou.
Le pire est à craindre, car bon nombre de personnes possèdent des armes à feu. Si la capitale du Djurdjura n’est pas encore « kaboulisée », elle risque de le devenir. Ce qui sera du béni pour les gendarmes qui n’attendent que le pourrissement de la situation pour se redéploiement massivement et récolter les fruits du complot machiavélique d’Ahmed Ouyahia.