Un jeune enlevé à Azeffoun et le corps d’un autre otage retrouvé près du barrage de Taksebt : Colère et climat de psychose en Kabylie

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KABYLIE (Tamurt) – La situation sécuritaire ne cesse de se dégrader en Kabylie. Aucune région n’est épargnée. Les services de sécurité, omniprésents, n’arrivent ni assurer la sécurité des citoyens ni celle de leurs biens. Les actes de terrorismes et de banditisme ont atteint une étape plus qu’ inquiétante. Aucun responsable militaire ni politique ne semble être inquiété de cette situation explosive. Leur silence n’argue rien de rassurant. Un véritable climat de psychose règne à Tizi-Ouzou.

Les groupes islamiques armés et des groupes de forbans et de bandits de tout acabit règnent sur son territoire en chef des lieux sans être aucunement inquiétés. Enlèvements, assassinats, braquage en plein jour de bijoutiers, faux barrages, vols, agressions, cambriolage, toxicomanie…tels sont les phénomènes et les maux qui constituent le quotidien de ces populations, triturées, malaxées, broyées par une misère qui ne dit pas son nom.
La population est livrée à elle-même. Le crime organisé est banalisé. Une réalité que les officiels ne veulent guère assumer. Ils développent des discours aux antipodes de la réalité du terrain. Qu’ils distillent à travers des actions trompe-l’œil. Les vies humaines se perdent au quotidien. Chaque jour a son lot de « mauvaises nouvelles ». Même la presse locale est presque contrainte au silence. Un père de famille âgé d’une cinquantaine d’années, D.Makhlouf, frère du propriétaire d’une importante fabrique de lingerie à Larbaâ Nath Irathen, 25 km au sud est- de Tizi Wezu, n’a pas donné signe de vie depuis le 15 d’octobre dernier. Son corps a été retrouvé hier soir par des passants à proximité du barrage de Taksebt. Il a été assassiné. Selon des proches de la victime, aucun contact n’a été pris par les ravisseurs avec la famille de la victime, qui est au fait, un simple fonctionnaire à l’agence de Tazal. Une nouvelle qui a fait plonger toute la région de haute Kabylie dans l’émoi et la consternation. La victime est de village Agouni Tighermine. Les citoyens de la région, afin de dénoncer l’insécurité qui prévaut dans la région, sont sortis dans la rue. Ils ont fermé, le lendemain de la disparation de cette énième victime, le chemin qui mène vers la ville de Larbaâ Nath Irathen au niveau de grand village Azzoua, mais personne ne leur a prêté attention.

Mobilisation: Marche et grève demain

En Kabylie maritime, au nord de Tizi Wezu, le fils d’un entrepreneur de travaux publics, très connu dans la région, Ghilas Hedjou, âgé de 19 ans habitant le village M’lata, a été enlevé jeudi soir. Son véhicule a été retrouvé par ses proches au lieudit Cheurfa, sur les hauteurs de la ville d’Azeffoun, 70 km au nord de Tizi Wezu. La piste d’un kidnapping par les groupes islamiques armés est la plus plausible pour le moment. C’est la 70 ème victime d’enlèvement enregistrée à Tizi Wezu depuis 2006. la population de la commune d’Azeffoun se mobilise pour obtenir la libération de Ghilas. une marche est prévue demain matin à partir de 10 h du siège de mairie jusqu’à celui de la daïra. La marche sera soutenue par une autre action d’accompagnement, à savoir une grève générale de 2 heures, de 10 h à midi.

Les services de sécurité ne sont jamais intervenus dans les cas d’enlèvements. Les victimes sont contraintes à verser des fortes rançons s’élevant à plusieurs milliards de centimes contre leur libération. Certaine personne enlevées ont même été exécutées. Aucune affaire n’a été élucidée pour le moment. La question qui taraude les esprits : pourquoi ce phénomène du kidnapping n’existe qu’en Kabylie cette région écrasée politiquement, socialement, économiquement etc, et qui est aujourd’hui au phénomène de l’insécurité, du terrorisme, et son corollaire, le grand banditisme, avec qui il fait bon ménage dans cette région où la situation, ne peut être qualifiée que de grave, de dangereuse, de complexe et de compromise.

Le salafisme, le wahhabisme, le banditisme et autres réseaux mafieux constituent un maillage bien ficelé, financés et entretenus agissant dans l’impunité totale et finissent le boulot comme missionnaires pour les uns et agents de déstabilisation pour les autres. C’est ainsi que cette Kabylie déchirée, mise à rude épreuve, continue de subir toutes les affres que l’on puisse imaginer. Il est aujourd’hui donc établi que les interconnexions entre ces deux phénomènes qui sont le terrorisme sous toutes ses formes et le grand banditisme ne font que contribuer, en maintenant ce sentiment d’insécurité à fragmenter les forces vives de cette région et à semer l’effroi et, la peur et la psychose et partant à lui donner le coup de grâce en venant à bout du peu qui lui reste?

C’est dans cette optique que l’on peut placer cette série noire des kidnappings qui n’en finit pas avec un régime autiste qui ne bouge pas le petit doit devant le cauchemar de tant de personnes, de familles etc, bien qu’il ait fait de cette Kabylie une sorte de garnison.

Izem Irath

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