Mokrane Ait Larbi : « C’est un piège »

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Mokrane Ait Larbi
Mokrane Ait Larbi

ALGERIE (TAMURT) – Le recours à l’article 102 de la Constitution algérienne, préconisé mardi dernier par Ahmed Gaid Salah, chef d’état major de l’armée algérienne, n’est rien d’autre qu’un piège visant à perpétuer le système de Abdelaziz Bouteflika, qui dirige l’Algérie depuis vingt ans. C’est le constat de l’avocat et défenseur des droits de l’Homme Mokrane Ait Larbi.

Mokrane Ait Larbi vient de faire une tout autre lecture que celles exprimées par certaines personnalités et partis politiques algériens quant à la consistance et à l’impact de l’application de l’article 102 de la Constitution. Pour Mokrane Ait Larbi, le recours à cet article en ce moment précis permettra au système de Bouteflika de se régénérer voire de se refaire une virginité. Pourquoi ? Les raisons sont multiples. D’abord, celui qui prendra la place de Bouteflika, en attendant d’organiser de nouvelles élections présidentielles est Abdelkader Bensalah qui est l’un des hommes les plus fidèles au président Bouteflika depuis le commencement, a expliqué Ait Larbi. Ce dernier a ajouté qu’en plus de Bensalah, qui aura à diriger le pays et les prochaines élections présidentielles, le Premier ministre, Nouredine Bedoui, a été désigné par Bouteflika également et il est un élément du clan présidentiel. Sans oublier Tayeb Belaiz qui est président du Conseil constitutionnel.

Une élection présidentielle supervisée par le trio Bensalah-Bedoui et Belaiz (qui sont tous les trois des éléments clés du clan de Abdelaziz Bouteflika) ne peut rien signifier d’autre que le maintien de ce même clan même après le départ de Abdelaziz Bouteflika, explique encore Mokrane Ait Larbi. Ce dernier a indiqué en outre que l’annone par Gaid Salah du recours à l’article 102 ne constitue aucunement une réponse favorable aux revendications de millions d’Algériens.

Il préconise même que vendredi prochain quinze millions d’Algérien sortiront dans les rues des villes algériennes pour dire « non » à cette proposition qui n’est rien d’autre qu’un piège, le quatrième depuis le début de la révolte le 22 février 2019.

Tarik Haddouche