Tizi-Ouzou : une conférence de presse qui a failli se transformer en arène de gladiateurs

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Le siège du SATEF, aile Mohamed-Salem Sadali, sis au boulevard Houari Boumediène, entre le siège du bureau fédéral FFS et l’ex-cinéma Djurdjura, a failli se transformer aujourd’hui en arène pour gladiateurs. La conférence de presse animée par Mohmed-Salem Sadali lequel s’exprimait en sa « qualité de représentait légitime du SATEF » battait son plein quand Boualem Amoura, aussi « représentant légitime du SATEF » et son groupe firent irruption dans la salle.

Et aussitôt, la confusion totale régna en maîtresse des lieux. Au même temps que des documents portant déclaration du SATEF, version des auteurs de l’irruption, Boualem Amoura s’en prit verbalement à Mohamed-Salem Sadali. Il lui reprocha d’animer une conférence de presse au nom du SATEF alors qu’il ne représentait aucunement ce syndicat.

Le conférencier riposta par des propos rejetant formellement les allégations de son farouche interlocuteur. La salle de conférence, déjà exigüe, se renforça soudainement en plusieurs présences humaines. Le décor d’ensemble devint aussi sinistre et lugubre. Et comment ! La lumière produite par l’appareil DATASHOW en diffusant des images sur écran « s’éteint » tout d’un coup puisqu’un homme, par inadvertance sans doute, se posta juste devant l’objectif du DATASHOW.

Les journalistes, déjà surpris par l’intrusion, ont cru qu’il ne pouvait s’agir qu’une simple mise au point. Ils sont trompés. En effet, une longue série de longues et méchantes logorrhées s’en suivirent entre les membres des deux groupes antagonistes. Les deux groupes s’accusaient mutuellement de « tricheurs, d’opportunistes, de faux syndicalistes, de (…).

Dans le couloir, le verbe a été aussi dur et vexatoire. Hélas, à un moment donné, pour des raisons qu’on doit sûrement à la colère et à l’impulsion, deux hommes ont voulu en arriver aux mains. Il a fallu que les hommes des deux camps les séparent. Est-ce pour autant que l’incident allait être clos ? Non ! Les antagonistes, chacun à sa manière, s’en sont remis aux journalistes pour appuyer leur « légitimité ». Il se trouve qu’aucun antagoniste n’a pu terminer sa « plaidoirie » car au moment où il tente de se lancer dans l’argumentation, son adversaire le bouscule et l’interrompt.

Il est connu que la victoire revient toujours à celui qui sait parler et sait se plaindre. C’est pour cette raison que chacun voulait à avoir à lui le moyen de s’adresser à la presse. C’est aussi pour cette raison que l’accrochage a duré de très longs moments (plus de deux heures). A noter enfin qu’à chaque fois que quelqu’un demande à son antagoniste de s’adresser à la police ou à la justice s’il jugeait qu’il était dans son droit, l’autre lui répliquait : « A toi de t’adresser à la police ou à la justice si tu trouves que tu es dans ton plein droit ! ». En définitive, personne ne s’est adressé ni à la police ni à la justice.

Il se trouve aussi qu’après une « éternité », Boualem Amoura et son groupe ont quitté les lieux. De son côté, Mohamed-Salem a repris sa conférence. Et à l’issue de celle-ci, le conférencier a développé beaucoup de points, entre autres sa légitime fonction en tant que représentant du SATEF, l’inefficacité de la tripartite (gouvernement – patronat – UGTA), la désunion entre les différents syndicats dits « autonomes…

S’agissant du premier point, Mohamed-Salem Sadali a tenu à souligner que la justice a reconnu l’existence légale du SATEF. Poussé à être plus explicite, le conférencier finira par reconnaître que la justice a reconnu l’existence des deux ailes du SATEF, c’est-à-dire l’aile que lui-même représente et celle que représente Boualem Amoura.

Quant à la tripartite, le conférencier a plaidé à ce que le troisième élément constituant la tripartite, c’est-à-dire le syndicat, soit constitué de tous les syndicats et pas seulement de l’UGTA dès lors que celui-ci « ne représente aucunement l’intérêt des travailleurs ».

Enfin, le conférencier a déploré le fait que les syndicats se limitent seulement à la simple question d’ordre socio-professionnelle. « Un syndicat doit aussi s’impliquer dans les dossiers de politique économique et de politique éducative », a martelé Mohamed-Salem Sadali qui n’a pas manqué de critiquer ces « syndicats ne sachant que lâcher du lest au profit du pouvoir ».

Enfin, le conférencier a affirmé que « ces syndicalistes appuyant la politique de l’Etat ne sont en réalité que la création du pouvoir ». Le conférencier ira encore très loin dans ses analyses et critiques vis-à-vis aussi bien de ses concurrents syndicalistes que du pouvoir.

Il est à noter que lorsque Boualem Amoura et son groupe ont fait irruption dans la salle où Mohamed-Salem Sadali animait cette conférence de presse, ils ont remis à la presse une déclaration intitulée « Usurpateur de titre et/ou ironie du sort » que voici dans son intégralité :

« Le SATEF est un syndicat autonome, libre de prendre les positions qui lui semblent justes pour l’intérêt des travailleurs de l’éducation, sans omettre l’intérêt et le droit des élèves à l’enseignement.

Le SATEF est un et une seule vision, celle agréée par le ministère du travail et partenaire social du ministère de l’éducation nationale.

C’est ce SATEF qui a tenu son 4ème congrès de conformité les 26, 27 et 28 mars 2012 à Kouba en présence des représentants de 30 wilayas et d’un huissier de justice. Ces congressistes ont élu le secrétaire général, en l’occurrence Amoura Boualem et les instances nationales exécutives et délibérantes.

La crise qu’a vécue le SATEF est dépassée, c’est une histoire ancienne. Le train SATEF est en marche, les chiens aboient par ironie du sort et la caravane passe.

Le SATEF est unique et indivisible et en plein restructuration à l’échelle nationale, et présent dans 40 wilayas. N’en déplaise à cet énergumène, pseudo syndicaliste d’occasion qui intervient à chaque fois derrière certaines organisations syndicales par défaut (ironie du sort) qui veut dé-ghettoïser notre syndicat national et l’utiliser à des fins inavouées.

Encore une fois, pour votre information, la procédure judiciaire est enclenchée par un dépôt de plainte contre cet énergumène pour délit d’usurpation de titre et utilisation frauduleuse du cachet (ancien cachet) du SATEF et nous lui disons que la procuration de son maître chanteur a expiré en 2010. ».

Addenda : Mohamed-Salem Sadali a déclaré au cours de sa conférence de presse que son élection à la tête du SATEF (aile qu’il représente) a été décidée lors du congrès tenu en 2010 et que le prochain congrès du SATEF (toujours l’aile qu’il représente) aura lieu en 2015, soit 05 ans après le tenue du premier, et e conformément aux textes réglementaires. Aussi, nos lecteurs et lectrices jugeront d’eux-mêmes la situation qui prévaut au sein de la grande famille du SATEF.