Un Colonel de l’ANP reconnait que l’ordre de brûler vient « d’en-haut »: L’Armée algérienne met le feu aux forêts de la Kabylie

16

IGHIL ALI (Tamurt) – Il y a une semaine de cela, un petit groupe de militaires algériens a été surpris par les villageois de Tabounent dans la commune d’Ighil-Ali sur le point de déclencher un feu à la forêt se situant près de leur village. Devant la ferme opposition de ces braves et vaillants citoyens à la perpétration du crime, les militaires incendiaires sont retournés à leur casernement.

Le fait aurait pu se limiter à cette tentative. Hélas ! ce ne fut pas le cas. En effet, quelques heures plus tard un convoi militaire de pas moins de 12 camions s’achemina vers la forêt en question. Les habitants, impuissants devant ces hommes armés jusqu’aux dents et, surtout, nourris par la volonté « d’exécuter leur mission », ne purent empêcher l’acte criminel.

C’est ainsi qu’arbres, plusieurs fois centenaires, vergers composés d’oliviers, figuiers et autres arbres fruitiers furent entièrement ravagés par les flammes sous le regard impuissant des villageois.

Les habitants du village de Vouni, dans la même commune (Ighil-Ali), ont vécu le même désastre. Seul le village de Zina a échappé un tant soit peu à la folie destructrice du pouvoir criminel d’Alger, et ce grâce à la mise sur pied d’un comité de surveillance permanente.

D’ailleurs, les vigiles en faction disent avoir identifié deux voitures dont leurs occupants, des militaires en civil, avaient pour mission de repérer des vergers et forêts susceptibles d’être offertes aux flammes destructrices. L’une de ces voitures était immatriculée dans la wilaya de Bordj-Bou-Arraredj et l’autre dans la wilaya d’Alger.

Excédés par ces actes criminels, les citoyens d’Ighil-Ali ont décidé de voir leur maire. Celui-ci a finit par accepter de les recevoir, après avoir essayé de les fuir. Il leur a tout simplement avoué son impuissance à faire quoi que ce soit contre les agissements de ces militaires.

En ce qui les concerne, les habitants du village d’El-Kelaâ sont allés voir carrément l’officier commandant le cantonnement. L’homme a le grade de capitaine. Après avoir écouté leurs doléances, l’officier leur avoua que l’ordre de brûler les forêts et vergers était venu d’ « en-haut ». autrement dit des hautes sphères de l’armée algérienne.

Conscients de cette flagrante impuissance des administrateurs civils, les citoyens d’Ighil-Ali ont décidé de réagir pour se protéger eux-mêmes contre les criminels venus d’ailleurs pour les appauvrir et les déshonorer. Et pour ce faire, ils ont déjà prévu le lancement d’une pétition afin d’arrêter les mesures jugées nécessaires comme ripostes adéquates à l’agression.