La Tunisie accueille le Prochain Forum Social Mondial du 23 au 28 mars 2013.

0

Le forum social mondial est en effet un espace de solidarité et surtout de rencontre entre les différents syndicats et associations qui luttent pour le même objectif, c’est aussi un espace d’échange d’idées pour penser à des alternatives.
Lors de cette rencontre, l’Association Culturelle Adrar n Fad, a saisi cette opportunité pour faire entendre la voix Amazighe comme une voix percutante contre les régimes totalitaires, elle a essayé de tisser des relations et des liens avec les autres Amazighs du Maghreb afin de formuler une demande commune et de rendre la question Amazigh plus visible au sein du forum, mais aussi pour essayer de travailler en transversal avec les autres Amazighs du monde.

On a remarqué que c’est assez puissant et fort d’être là, au cœur des mouvements sociaux. En participant à ce forum préparatoire, on se rend compte si vite que toute les questions qui touchent à la société sont importantes et je crois pouvoir dire que la question Amazigh et la diversité linguistique et culturelle ont été marginalisées par le forum et qu’elles doivent être abordées d’une manière importante et efficace.

L’importance du forum social mondial de 2013 en Tunisie nous impose un travail de réseautage entre les syndicats et associations Amazigh de chaque pays du Maghreb pour arriver à une rencontre et cela dans le but de renforcer la dynamique Amazigh et de proposer des thématiques pour ce forum social mondial.

Le mot lors du forum :

La culture a toujours été l’un des instruments de lutte contre les pouvoirs dominants, elle a été tout le temps le moteur mobilisateur des grandes masses dans le monde et particulièrement en Kabylie. C’est grâce au mouvement culturel berbère que d’autre syndicats ont été né, à l’exemple de la première ligue des droits de l’homme en 1985, il faut le dire franchement que, les premières manifestations ont commencé durant le printemps de 1980, à l’université de Tizi-Ouzou, suite à la protestation des étudiants, où les forces de l’ordre ont sauvagement intervenu, arrêté, tabassé et intimidé les étudiants et les enseignants de cette université. Le 20 Avril 1980, est la nuit d’Assaut des services de sécurité, il est l’une des date repère, jusqu’aujourd’hui en Kabylie. Chaque année, cet événement historique est commémoré avec des festivités et des marches pour la reconnaissance de la dimension Amazighe.

Les jeunes de Kabylie ont beaucoup souffert des affres du régime d’Alger, les élèves et les étudiants de la Kabylie ont fait une année blanche en 1994 pour revendiquer l’enseignement de leur langue maternelle.

En 1998 un groupe armé avait assassiné le chantre de la cause berbère, Lounes Matoub, idole des jeunes de Kabylie, son assassinat avait engendré une série d’émeutes en Kabylie.

En Avril 2001, la Kabylie paye un autre tribut avec l’assassinat de 125 morts et des milliers de blessés à vie par les services de Sécurité, à cause de la mal vie et la revendication identitaire.

L’Etat Algérien en 1994, a accepté d’enseigner la langue berbère pour la première fois dans l’école algérienne, et suite aux pressions des manifestations de 2001, la langue amazighe est devenue langue nationale et mais pas officielle.

Pour ce qui est du Maroc, des pas ont été entrepris avec l’ouverture de l’IRCAM et la consécration de la langue amazighe comme langue nationale et officielle à côté de la langue arabe en 2011 suite aux protestations qui ont secoué le Maroc les deux dernières années.

En Lybie le processus est amorcé par les populations amazighes de ce pays braves et fières, la Tunisie n’a pas d’autres choix que de suivre le cours de l’histoire.

Soulignant que malgré la reconnaissance de l’Etat de la dimension berbère, on peut remarquer le désengagement pour la promotion de cette langue et de cette culture, pourtant stipulée par la loi. Mais le manque de volonté et de courage politique ne cesse d’affaiblir la question amazighe au Maghreb.

Président de l’association culturelle Adrar n Fad

Sadek Rebai