Répression : Plusieurs indépendantistes kabyles jugés en mai devant la justice algérienne

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Tribunal-Sidi-Mhamed
Tribunal-Sidi-Mhamed

ALGERIE (TAMURT) – Pas moins de 15 militants indépendantistes kabyles, qui croupissent injustement dans les geôles algériennes depuis plusieurs mois, seront jugés par des tribunaux algériens au mois de mai prochain. Certains d’entre eux sont en détention provisoire depuis plus d’un an ou déjà condamnés en première instance à de lourdes peines. Ils ont été arbitrairement arrêtés et poursuivis en justice sur la base de l’article 87 bis du code pénal algérien, qui incrimine l’acte politique. En effet, leur seul tort est de militer, au demeurant pacifiquement, pour l’avènement d’un Etat kabyle libre.

Arrêté le 07 juillet 2022 sur son lieu de travail, à Aqvu, et depuis placé sous mandat de dépôt, le procès du militant kabyle Ferhat Kheniche est programmé pour le 04 mai prochain devant le tribunal criminel de première instance de Vgayet. Agé de 36 ans, ce détenu d’opinion a déjà passé près de 10 mois dans les geôles algériennes. A l’instar d’autres militants kabyles, il a été interpellé par la police algérienne lors des rafles visant les indépendantistes, enclenchées au-lendemain de la mobilisation historique à Tizi Wezzu, Vgayet et Tuvirett par des marches grandioses lors de la commémoration des printemps kabyles en avril 2021. Ces rafles se sont intensifiées après les incendies criminels perpétrés par le régime algérien en Kabylie durant l’été de la même année. Par ailleurs, au tribunal criminel de première instance de Dar El Beida (Alger), le procès des détenus indépendantistes kabyles Madjid Aggad, Mohand Saïd Attaf, Youva Bounadi, Kamel Addar et Youcef Messaouef est programmé pour le 25 mai. Leur seul tort est aussi de militer pour une Kabylie libre du joug colonial algérien.

A Sétif, le procès en appel des détenus d’opinion Nassim Moudoud, Djahid Mendil et Karim Mouzai est prévu le 17 mai devant la chambre criminelle de deuxième instance près de la cour de Sétif. Pour rappel, le militant Nassim Moudoud, un artiste kabyle de 39 ans, a été condamné en première instance, le 03 janvier dernier, à 10 ans de prison ferme. Pour leur part, les militants Madjid Bentaleb, Khedim Mohamed et Mourad Chabane seront jugés en appel le 24 mai devant la chambre criminelle de deuxième instance près la cour d’Alger. Ils ont été condamnés en première instance, en novembre 2022, respectivement à 5 ans (M. Bentaleb) et 3 ans de prison ferme (K. Mohamed et M. Chabane). Le parquet avait requis contre eux une peine de 20 ans de réclusion et la déchéance de leurs droits civiques et politiques. Pour sa part, le détenu Jugurtha Benadjaoud sera jugé mardi 09 mai 2023 devant la chambre criminelle de deuxième instance près la cour d’Alger. Il a été condamné en première instance à 03 ans de prison ferme. A Bordj Bou Arreridj, la date du procès en appel des détenus kabyles Kouceila Benyahia et Hachemi Djijel est fixée pour le 24 mai devant la chambre criminelle de deuxième instance de BBA. Ils ont été respectivement condamnés en première instance à 06 ans et 03 ans de prison ferme, en plus d’une amende de 100 000 DA (environ 500 euros).

Devant la même juridiction, le militant Abderhmane Baymout sera jugé en appel le 17 mai 2023. En première instance, il a été condamné à une peine de 5 ans de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA. L’autre procès d’indépendantistes kabyles programmé pour le mois de mai prochain est celui de la militante Wissem Sefouane. Il se déroulera le 08 mai 2023 devant le tribunal criminel de première instance de Dar El Beida (Alger). A titre de rappel, cette jeune femme kabyle a été arrêtée le 12 janvier 2022, près de Bechloul (Tuvirett), avec perquisition au domicile familial par des gendarmes algériens. Elle a été placée en garde à vue durant une semaine au niveau d’une brigade de gendarmerie algérienne, à Bechloul.

Le juge d’instruction près le tribunal de Tuvirett avait ordonné son placement sous mandat de dépôt à la prison de Saïd Abid (Tuvirett), le 17 du même mois. Agée de 25 ans, elle a déjà passé plus de 15 mois en détention préventive. Le point commun qui lie tous ces citoyens kabyles est leur amour pour la Kabylie et leur militantisme pacifique, mais publiquement et courageusement assumé, en faveur de sa liberté.

Lyes B

3 Commentaires

  1. Il bon espoir à ce que nombreux soient acquittés pour une seule raison. Teboune qui a libéré son fils , après l’histoire de la cocaïne se rendra en France pour une visite arabiste. Ainsi il pourra toujours faire sa propagande de pays des droits de l’homme à la place de terroristes criminels.

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