Intimidation des défenseurs de la nature

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En parfait défenseur de la nature, le président de l’association de protection et de sauvegarde de la baie des aiguades de Bougie, Malek Djellouli, a enregistré, en mars dernier, une vidéo dévoilant la situation qui prévaut au niveau de ce site, défiguré par l’implantation anarchique de cabanes en tôle et autres objets hétéroclites.
 
Pour attirer l’attention des citoyens et des autorités sur ce massacre environnemental, il postera cette vidéo sur facebook.
Malheureusement pour lui, la réaction des barons de ce business ne s’est pas faite attendre.
Le surlendemain, sa voiture, stationnée à proximité de sa maison, sera incendiée aux environs de deux heures du matin par un groupe de voyous.
 
Malgré le dépôt de plainte, il n y a eu aucune réaction des autorités ni de la population.
Le malheureux président a décidé de geler les activités de son association du moment que ses adversaires s’en sont pris à ses biens sans que cela n’inquiète personne.
Ils ne se sont pas contentés de polluer la mer en y déversant les eaux usées des fosses septiques installées à proximité de leurs bicoques mais ils passent à l’intimidation des défenseurs de la nature, fera-t-il remarquer. 
 
Le président de cette association n’est pas à sa première confrontation avec cette mafia qui œuvre dans l’impunité la plus totale. 
Il y a trois années de cela, en juillet 2012, il avait déposé une plainte contre un squatteur venu d’une autre wilaya pour agression sur sa personne. En s’accaparant d’une parcelle de terrain, ce dernier avait érigé un semblant de café-restaurant saisonnier dont les eaux usées des toilettes sont déversées directement dans la mer. 
 
À l’époque cette agression avait fait réagir près de deux mille citoyens qui avaient signé une pétition pour dénoncer l’anarchie qui y règne engendrée par l’appât du gain facile et l’irresponsabilité des commerçants qui y exercent en faisant fi des règles élémentaires d’hygiène. 
Outre l’insalubrité, il y a toujours eu un climat d’insécurité causé par le diktat des raquetteurs s’érigeant en gardiens de parkings.  
 
Pourtant l’association que préside Djellouli ne fait que tenter de protéger un site paradisiaque qui faisait, autrefois, le bonheur des familles de la ville de Bougie qui y passaient de bons moments en été.   
D’ailleurs ces derniers temps, l’association avait reçu une jeune fille originaire de Bougie qui voulait monter un projet de tourisme solidaire qui consiste à développer la région.
Ce type de projets, une fois réalisés, contribueront à la découverte par les visiteurs étrangers de la vraie culture ancestrale kabyle et valorisera le patrimoine culturel dans toutes ses dimensions.  
 
De Bougie, Amaynut